PEN fête la Journée internationale de la langue maternelle 2014


Chers amis,

C’est avec un plaisir renouvelé que je vous écris, cette  année encore, à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle que nous célébrons annuellement à PEN International. En fait, lorsque nous célébrons la langue, nous célébrons aussi la vie, l’humanité qu’elle nous confère, cette langue. Il ne suffit pas de respirer, de manger, de grandir : il faut encore faire toutes ces choses en tant qu’êtres humains, capables, par le biais de la langue, de penser, d’aimer, de communiquer, d’éprouver de la joie, et de tenter d’influer sur notre environnement, de le façonner, de l’enrichir.

C’est le fait même de disposer d’une langue qui nous permet de faire toutes ces choses. Comme nous le rappelle en son point 3 le manifeste que nous avons adopté à Gérone, « Tous les individus apprennent à parler au cœur d’une communauté qui leur donne la vie, une langue, une culture et une identité. » C’est cette langue même, apprise au sein de notre communauté, qui nous fait Hommes. Aux côtés de l’UNESCO et d’autres organisations internationales, PEN International défend une position selon laquelle ¦toutes les langues doivent pouvoir survivre, être disséminée, lues et entendues, qu’elles soient parlées par des millions de gens ou seulement par quelques-uns. Il va sans dire que la diversité linguistique et culturelle est un élément essentiel du développement durable de l’Humanité, et de la défense de la Paix.

C’est dans cet esprit que j’ai l’immense plaisir de vous faire part d’une excellente nouvelle : avec l’aide du Fonds international pour la diversité culturelle de l’UNESCO, PEN International lance, en 2014, un projet qui a pour but d’étudier l’impact de certains obstacles et politiques culturelles sur les écrivains qui travaillent dans une langue menacée. Ce projet, qui se concentrera tout particulièrement sur la situation au Kenya, en Haïti, en Serbie et au Nigéria, entend promouvoir la créativité plurilingue dans ces pays et prendre les mesures nécessaires à la diffusion de leurs littératures minoritaires respectives.

Il s’agit d’un projet formidable, qui pourra servir d’exemple à l’avenir. Projet qui, par ailleurs, ne devrait pas manquer de nous stimuler tous : chaque communauté est si riche, linguistiquement parlant, qu’il nous faut nous attacher à jouir de cette richesse, à la protéger, à l’apprécier et à la diffuser. Le message clé de la Journée internationale de la langue maternelle 2014 est précisément celui-ci : la langue est un bien qui contribue à la construction individuelle et collective. Aussi, chaque langue doit être protégée, en raison de ce qu’elle est la plus grande alliée de toutes les autres, et qu’elle contribue, de façon décisive, à la défense et au respect de la diversité culturelle.

C’est pour nous une chance de pouvoir participer à la Journée internationale de la langue maternelle. C’est pour nous aussi une responsabilité que d’y participer.

Josep-Maria Terricabras

Président du comité Traduction et Droits linguistiques

21 février 2014