Lettre mensuelle d'avril 2013 de John Ralston Saul Président international, aux membres du PEN


Lettre mensuelle d’avril 2013 de John Ralston Saul Président international, aux membres du PEN

Chers membres du PEN, chères amies, chers amis,

Je veux d’abord exprimer un regret. Le congrès annuel du PEN Éthiopie vient juste d’avoir lieu. L’année dernière, j’étais là pour la première réunion, tenue dans des circonstances instables. Je suis navré de n’avoir pu y retourner cette année. La situation au pays n’a pas changé; le Centre, dirigé par Solomon Hailemarian, travaille fort à développer ses programmes et Antonio della Rocca, membre de l’Exécutif international, était présent ainsi que des représentants du PEN Norvège dirigés par Anders Heger.

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En préparation du Congrès de Reykjavik, Éric Lax, Laura McVeigh et moi nous sommes rendus en Islande. Pour diverses raisons, je me suis souvent rendu dans cette ville ces dernières années. À chaque fois, les qualités littéraires de la ville me frappent d’une nouvelle façon, ne serait-ce que parce que l’Islande a plus d’écrivains et plus de lecteurs per capita que tout autre pays. C’est sans doute la première fois qu’un Congrès sera totalement intégré dans un important festival littéraire. Et le Congrès sera intégré dans la ville puisque les délégués joueront aussi un rôle en tant qu’écrivains.

Sjón et les membres du Centre islandais sont profondément engagés et je pense que le partenariat avec le Festival Littéraire international de Reykjavik offre un très bon modèle pour l’avenir.

Et puis nous faisons de grands efforts pour obtenir de l’appui pour le plus grand nombre possible de délégués.

Il est important de souligner que lors du Congrès nous allons consolider notre déclaration sur le numérique en l’élargissant vers les principes de la liberté d’expression.

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Le 3 mai, nous avons lancé le Rapport du PEN: Créativité et contraintes dans la Chine actuelle. Ce rapport représente cinq ans de travail de la part de PEN International, du Centre PEN chinois indépendant (ICPC) et du Centre American PEN. Le résultat de cet effort est une approche très différente de la situation. Vous trouverez ce texte sur le site Web du PEN. Lisez-le, utilisez-le.

Vous constaterez que l’approche à la liberté d’expression est bien intégrée dans la réalité de l’écrivain et dans celle de la Chine en tant que grande civilisation littéraire.

Nous avons lancé ce rapport à New York, proche des Nations unies, en compagnie de Salman Rushdie, de Yu Jie, de Chen Guangcheng, de Marian Bosford-Fraser et de Peter Goodwin qui ont tous participé à une conférence de presse que j’ai présidée.

Vous allez y trouver la grande frustration qui nous habite. Les autorités chinoises n’ont pas besoin de nuire ainsi à la réputation de leur pays. Quel honneur y-aurait-il à employer de 20,000 a 50,000 policiers de l’Internet, ou à emprisonner 40 écrivains ou à provoquer de fréquents incidents concernant des écrivains? Le résultat est clair: la communauté des écrivains augmente d’autant sa détermination à servir le bien commun.

Avec mes salutations les plus amicales.

John Ralston Saul