Lettre mensuelle de John Ralston Saul Président international, aux membres du PEN


le 31 août, 2012

Chers membres du PEN, chères amies, chers amis,

Ceci sera une lettre courte. Je voulais que vous la receviez avant que plusieurs d’entre nous ne nous retrouvions à Gyeongju pour le 78e Congrès international du PEN.

Je vous écris d’Australie où je me trouve pour des affaires qui n’ont pas à voir avec PEN. Mais comme d’habitude je m’assure qu’on prévoie un temps pour PEN lors de chaque événement, dont une chaise vide. Le thème retenu est Liu Xiaobo, qui est toujours injustement emprisonné. Il ne faut pas que sa cause et celle de nombreux autres auteurs chinois perdent l’attention du public.

Lors de mon séjour à Sydney, le PEN de Sydney a organisé une grande réunion de ses membres et de nouveaux membres potentiels. C’était un groupe impressionnant et j’en ai appris beaucoup sur leurs préoccupations. Leur président, Michael Fraser, à ma grande surprise, est non seulement avocat mais expert dans les questions de liberté d’expression des médias digitaux, un thème auquel nous allons consacrer notre attention à Gyeongju et plus tard. Mon impression est qu’il y a de nombreux écrivains/avocats de par le monde. Par exemple, Jarkko Tontti, le président du PEN de Finlande est avocat. Il a été d’une grande assistance en Crimée quand nous préparions une déclaration sur les droits des Tartares de Crimée. Je crois qu’il faut développer ces liens entre la littérature et le droit. Cela nous a été utile au Mexique, grâce à Renu Mandhane de la Faculté de droit de l’université de Toronto. Nous avons maintenant une juriste, Elizabeth Hiester, qui a été cooptée au Board international. Nous avons une relation qui s’élargit dans divers pays avec le cabinet international de droit Clifford Chance. Il y a tant d’aspects de la liberté d’expression qui sont définis et protégés par la loi qu’il ne peut qu’être avantageux pour nous de développer notre expertise juridique.

À Melbourne, j’ai eu une rencontre avec le conseil du PEN de Melbourne. Judith Rodriguez et Judith Buckrich, que vous connaissez tous, y étaient. Le même jour, Arnold Zable – le président – et moi avons participé à un événement auquel plusieurs centaines de personnes ont assisté au Melbourne Writers Festival.

Il existe un partenariat entre le PEN de Melbourne et celui du Cambodge. C’est un modèle que plusieurs d’entre vous pourriez développer pour votre propre Centre. Un Centre bien établi devient partenaire avec un centre plus récent et met en place une relation de travail à long terme. Le multiculturalisme de Melbourne sert au Centre à développer des liens avec des communautés culturelles qui ont des écrivains en difficulté dans leur pays d’origine.

Et enfin, les deux centres, celui de Sydney et celui de Melbourne, maintiennent une grande préoccupation quant à la politique australienne au sujet des réfugiés qu’on garde dans des camps outre-mer. La dernière fois que cela s’est passé, plusieurs écrivains ont été maintenus en isolation et des enfants ont perdu leur droit à l’éducation.

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Hori Takeaki vient de rentrer d’une importante réunion au Kirghizistan, à l’extérieur de Bichkek. Grâce au leadership de Dalmira Telepergenova et de Kaiser ÖzHun, présidents du PEN d’Asie centrale et du PEN Ouigour, on a organisé cette année encore un cour d’été sur la liberté d’expression. Cette idée a une importance cruciale: elle aide les gens à donner forme à leur compréhension de l’importance de la liberté d’expression; et ils disposent ainsi d’outils d’usage quotidien. Cette année il y avait des étudiants de tous âges, venus du Kirghizistan, du Tadjikistan et du Kazakhstan.

Tout ce programme été appuyé par PEN international et par le réseau Ural-Altay.

Je tiens à vous mettre au courant de ce projet parce que c’est l’exemple parfait d’un PEN qui travaille sur le terrain pour défendre et consolider notre cause. Je le dis et je le redis, mais on ne le dit jamais assez: nous sommes une organisation de terrain. Ce programme, comme notre programme d’écoles en Afrique, démontre ce que nous sommes capables de faire sur place.

J’ai grand hâte de revoir ou de connaître ceux parmi vous qui serez à Gyeongju dans quelques jours.

Avec mes amicales salutations

John Ralston Saul.