Lettre mensuelle de John Ralston Saul Président international, aux membres du PEN


le 31 octobre, 2012

Chers membres du PEN, chères amies, chers amis,

Octobre, c’est le mois de la Foire du livre de Francfort. Les rapports entre la Foire et PEN International continuent de se développer. La session d’ouverture du Weltempfang a été accordée au Cercle des Éditeurs, ce qui nous a permis, à Ronald Blunden, Andrers Heger, Ola Wallin et moi de converser avec des éditeurs de la relève et qui se trouvent en situation difficile. Il y avait là Babar Maqbool du Pakistan et Gustavo Faraon du Brésil. Ils comptaient parmi les invités du programme d’invitation de Francfort et la plupart des invités éditeurs de la relève se sont exprimés lors de notre événement, y inclus ceux venus d’Éthiopie, de Birmanie et du Congo.

Le principe de l’échange était de trouver comment des éditeurs en place pouvaient conseiller les nouveaux éditeurs. Cela s’est passé en collaboration avec Juergen Boos, le directeur de la Foire, et Tobias Voss, le vice-président aux programmes internationaux.

J’ai trouvé particulièrement stimulant au sujet de la participation de ces éditeurs débutants le fait que notre centre PEN Éthiopie grandit et que nous pensons mettre en place un Centre en Birmanie.

Laura McVeigh était avec moi et nous avons eu plusieurs réunions avec des éditeurs qui se joindront peut-être au Cercle. Ibrahim El Moallem a confirmé que le groupe Shorouk, basé au Caire, en deviendrait membre. Il est le président et le fondateur du Shorouk Group et a été membre du Conseil des Sages qui a joué un rôle si important lors de la révolution récente au Caire.

Avec l’appui de Herbert Wiesner du PEN Zentrum Deutchland, nous avons aussi rencontré de nombreux éditeurs allemands.

Les préparatifs de notre mission en Turquie sont presque au point. Sara Whyatt a dirigé cet effort. Il y a aura de nombreux écrivains engagés dans l’affaire. Jusqu’à 20. Ce sera peut-être la plus grosse délégation du PEN à jamais se rendre dans un pays. Nombreux sont ceux qui sont préoccupés par la situation en Turquie.

Comme pour la délégation au Mexique, tout l’exécutif sera présent – Hori Takeaki, Eric Lax et moi – ainsi que Haroon Siddiqui, du Board, Marian Botsford Fraser, qui préside le Comité de défense des écrivains persécutés (CODEP-WIPC), Eugene Shoulgin, vice-président international, un certain nombre de présidents de Centres PEN et, bien sûr, Tarik Günersel du PEN turc.

Tout comme à Mexico, il y aura un important événement public, nous participerons à la Foire du Livre d’Istanbul et nous rencontrerons des leaders politiques turcs.

Et pour conclure, jetez un œil sur la Campagne latino-américaine contre l’impunité. Une section spéciale lui est consacrée sur le site Internet. De plus en plus d’écrivains de la région sont engagés dans l’exercice. Leur sentiment est que la liberté d’expression subit des pressions de plus en plus grandes – tout comme il existe une grande augmentation de la violence – et qu’il faut que nous allions de l’avant pour défendre cette liberté.

Quelques unes des menaces sont hautement politiques. À l’intérieur de l’OEA il se trouve des gouvernements pour chercher à ôter leur pouvoir indépendant à la Commission inter-américaine des droits de la personne et au bureau du Rapporteur sur la liberté d’expression attaché à la Commission.

PEN intervient partout dans la région auprès des médias et des gouvernements par l’intermédiaire de notre campagne contre l’impunité en ayant une seule idée à l’esprit:

La Liberté d’expression telle qu’affirmée en littérature ou en journalisme ou dans le débat public a sa place au cœur même de notre civilisation. Ce n’est pas quelque chose qui vient s’ajouter une fois que règnent la prospérité, l’ordre social ou la paix. La littérature et la liberté d’expression rendent justement ces choses plus probables.

Avec mes amicales salutations

John Ralston Saul.