Lettre mensuelle de septembre 2013 de John Ralston Saul Président international, aux membres du PEN


le 9 octobre, 2013
Chers membres du PEN, chères amies, chers amis,

Tous les Centres auront reçu le sommaire des discussions du 79e Congrès qui a eu lieu à Reykjavik le mois dernier. On en aura conclu qu’il s’est agi d’une importante assemblée.

Permettez-moi d’en souligner quelques aspects :

Après plus d’un demi-siècle de dictature, il existe maintenant un Centre PEN Myanmar :http://www.pen-international.org/09/2013/introducing-pen-myanmar-nay-phone-latt/
L’ensemble de l’Assemblée des délégués a bien perçu la valeur historique de cet événement. Personnellement, ayant commencé à écrire au sujet de la situation en Birmanie en 1980, j’ai été profondément touché. La situation est toujours précaire au Myanmar mais le Centre est en place. L’atelier du Cercle des Éditeurs à Yangon a été la dernière étape qui a rendu ce succès possible.

Nous avons aussi accueilli un deuxième centre de l’Inde – le Centre PEN de Delhi. Kiran Desai, qui participait au Festival International de Littérature de Reykjavik est venue nous rejoindre pour présenter le nouveau Centre à l’Assemblée ((http://www.pen-international.org/09/2013/introducing-pen-delhi-kiran-desai/). On dit toujours que l’Inde est la plus grande démocratie au monde. Et sa littérature est remarquable. Mais pour plusieurs des nombreuses langues du pays la publication reste un grand défi ; le Centre de Delhi va œuvrer à l’inclusion de ces auteurs et de leur littérature. Et puis la liberté d’expression est fragile. Le nouveau centre a commencé à travailler dès après le congrès en se portant à la défense du Professeur UR Ananthamurthy qui avait été rudement attaqué pour avoir exprimé son opinion au sujet de M. Narendra Modi, un candidat au poste de Premier ministre lors des élections prochaines.
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Nous développons de bons outils pour intervenir dans le domaine du numérique. Notre Déclaration sur le numérique nous donne une base solide et des groupes hors du circuit du PEN commencent à l’utiliser. À Reykjavik, nous avons progressé dans ce dossier en créant un groupe de travail sur la manière de faire face aux problèmes de plus en plus sévères d’instabilité du copyright. PEN est traditionnellement resté réservé au sujet des questions de copyright qui sont d’ordre professionnel. Mais en ces temps d’explosion des nouvelles technologies ce domaine se rapproche du nôtre.

Grâce au leadership des centres Anglais et Américain nous avons épousé une position ferme sur les mécanismes de surveillance qui sabrent dans les droits citoyens bien établis, plus particulièrement la liberté d’expression. (http://www.pen-international.org/campaigns/how-to-campaign/resolution-on-surveillance-submitted-by-american-pen-and-english-pen/ . Il devient chaque jour plus évident que cette situation va de mal en pis et que c’est la responsabilité du PEN d’y jouer un rôle le plus visible possible.
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Nous avons de même pris une position très ferme au sujet de trois lois qui limitent spécifiquement la liberté d’expression en Russie. (http://www.pen-international.org/resolution-the-russian-federation/ . Et il ne s’agit là que d’une fraction des dossiers qui dégénèrent dans ce pays. Nous avons discuté avec le PEN Russie de la façon de faire face à cette situation qui s’envenime. Comme plusieurs d’entre vous le savent, l’Assemblée a été suspendue brièvement pour que nous marchions tous jusqu’à l’Ambassade de Russie pour remettre la résolution que nous avions adoptée.
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Et le Comité pour la Paix a présenté son Manifeste à l’Assemblée. Il a été approuvé ((http://www.penslovenia-zdruzenje.si/en_photogallery). Il s’agissait d’une étape importante dans la consolidation de notre travail pour étoffer les principes qui sous-tendent chacun de nos comités. Nous avons commencé avec le Manifeste de Gérone du Comité de la traduction et des droits linguistiques. Nous avons maintenant un Manifeste de Bled sur la paix. Il s’est agi du dernier apport de la remarquable carrière d’Edvard Kovac, après six ans en tant que président du Comité pour la Paix. Nous lui en sommes extrêmement reconnaissants.
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Eric Lax a quitté après six ans ses fonctions de Trésorier du PEN. L’organisation jouit d’une situation financière saine. En fait, nous sommes en croissance. Le meilleur jugement possible sur un trésorier sur son départ! Lors de la réunion post-congrès, le Board a co-opté Eric dans une position sans droit de vote qui l’amènera à travailler avec le nouveau Trésorier, Jarkk Tontti, ce qui assurera une transition parfaitement harmonieuse. Et le moment est donc venu de manifester à Eric toute notre gratitude pour tout ce qu’il a accompli pour amener la stabilité et la solidité financières au PEN International en ces temps de difficulté économique.
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Le Congrès a connu un grand nombre de beaux moments. Antonio Skármeta, du Chili, s’est adressé à l’Assemblée – c’était la première fois depuis des décennies qu’un centre chilien était parmi nous. Puis il a prononcé une allocution lors de la cérémonie d’ouverture, marquant le quarantième anniversaire du Coup d’État de Pinochet.

Et il est important de souligner qu’un grand nombre de délégués ont participé avec des écrivains islandais à des événements publics liés au Festival littéraire.

Une fois le congrès proprement dit terminé, tandis que tout un chacun explorait l’Islande, le Board et les présidents des comités se sont rendus sur la tranquille île de Viðey dans la baie de Kollafjörður, pour étudier la manière de mettre en application les volontés de l’Assemblée. Vous serez tenus au courant de ces développements.

D’ici là, je remercie chaleureusement les membres du PEN Islande pour leur accueil et leur beau travail.

Avec mes salutations les plus amicales.


John Ralston Saul
Président international