Lettre de remerciement de Enoh Meyomesse à l'assemble des délégués durant le Congres de PEN International au Québec


Enoh Meyomesse, right, after his release from Kondengui Central Prison in Yaoundé, Cameroon.Mes chers congressistes,

Mes chers confrères,

Je ne serai pas long, car ce que j’ai à vous dire ne l’est pas.

Je voudrais simplement vous adresser à vous tous mon infinie reconnaissance
pour ce que vous avez fait pour moi, pendant que j’étais en prison à
Yaoundé au Cameroun.

J’ai reçu des centaines de lettres et de cartes postales de vous, à un
point tel que celles-ci ont continué à pleuvoir en prison, alors que je ne
m’y trouvais même plus.

Le directeur du pénitencier s’en est grandement offusqué, mais, en même
temps, son regard sur moi a immédiatement changé, ainsi que celui de tous
les gardiens et tous les autres prisonniers. Du coup, j’ai cessé d’être ce
détenu malfaiteur qui méritait sa peine, et suis plutôt devenu un V.I.P.,
non pas un « Very Important Personality », mais véritablement un « *Very
Important Prisoner* », dont le monde entier réclamait la libération.

Que dires des lettres que vous avez adressées au Premier ministre du
Cameroun ainsi qu’au Ministre de la Justice, et dont mon avocat m’a apporté
les copies?

Vous n’en êtes probablement pas conscients, mais, laissez-moi vous révéler
que, grâce à celles-ci, le gouvernement camerounais a précipité ma
libération afin de cesser d’être mal vu sur le plan international car, de
l’opinion nationale, celui-ci se moque éperdument, mais de celle
internationale, en revanche, il a grandement peur.

Chers congressistes,

Chers confrères,

En obtenant ma libération, vous avez en même temps démontré aux Camerounais
qu’un écrivain n’était pas cet être inutile qu’ils pensent, mais, bel et
bien plutôt une personnalité dont le monde entier se préoccupe de
l’existence et surtout, du bien-être.

Encore merci, et bon congrès à tous.

Enoh Meyomesse