Home Page > Centres News Item > Interview avec Zeinab Koumanthio Diallo du Centre Guinéen du PEN

L’excision, « un theme qui fache »Couv 14 (2)De Dian Diallo

Le mercredi 10 Septembre 2014, une Brochette de journalistes, d’agents de l’Etat et d’hommes de culture, s’étaient réunis autour de la grande poétesse et romancière H. Zeinab Koumanthio Diallo qui présentait son roman LES FOUS DU 7eme CIEL, au-delà de l’excision, sous la presidence d’honneur de Mr le Gouverneur de Labé.

Petite fille du dernier roi de Labé, Zeinab est Née dans une famille aristocratique peule du Fouta Jallon. Elle milite dans des institutions qui défendent les droits de l’homme en général et le respect des droits des femmes en particulier comme le PEN International.

Son roman léve un pan du voile sur les violences aux filles/femmes victimes de la pratique de l’excision dans une région des plus conservatrices.

Zeinab a accepté de se prêter à quelques questions de la presse La plume : Zeinab, pourquoi LES FOUS DU 7eme CIEL ?

Zeinab : j’ai eu la chance de travailler comme consultante dans un projet mis en place par I’agence onusienne PSI, entendez Population — Service — International qui avait comme mission de participer à la lutte contre l’excision. Pour reussir ma mission, je me suis mise à l’écoute de la population féminine et j’ai pu du coup mesurer le drame que vivent les femmes dans cette région. L’histoire est celle de Sale’ une jeune fille de 13 ans mariée à un cousin vivant à l’étranger. Salé, mutilée était cousue, fermée presque et ne pouvait consommer la nuit de note. Elle a été accusée de sorcière ayant une pierre entre les jambes. Humiliée, battue,
violée, elle sera recueillie par Weerou un fou qui la comblera de tendresse en lui promettant de faire le voyage vers le 7eme ciel. Je pense que mon !lyre aura surtout aide à comprendre que le véritable fou n’était pas Weerou. Mais les fous ce sont les autres.

La plume: Zeinab, vous avez courageusement dépeint cette pratique néfaste qu’est l’excision, mais vous n’êtes pas sans savoir que certains religieux ne sont pas contents car ils persistent et signent que l’excision est liée à la religion

Zeinab: Je suis consciente que le thème de l’excision est un thème qui fâche. Les mentalites n’ont pas encore changé chez nous. Mais le combat pour restaurer la dignité des filles/femmes ne dolt pas s’arrêter en si bon
chemin. On doit tous s’y mettre pour permettre aux filles de vivre dans la dignité. On doit faire en sorte que les femmes ne meurent pas en donnant Ia vie et pour cela on doit les cider à conserver l’intégrité de leur corps. Aucun livre saint ne dit le contraire.

La plume: vous êtes membre fondateur du Centre Guinéen du PEN, votre centre a, à son actif plusieurs ateliers de formation sur le genre en direction des filles de plus de 50 écoles, pensez vous que la relève est assurée?

cérémonie de dédicace d (2)Zeinab: les jeunes Mies encadrées par nous, sont formées au genre et à l’équité, à la lutte contre les violences faites aux femmes, et a la promotion de la liberté d’expression. Elles démontrent leurs capacités de se défendre et aptes à mener leur vie familiale, et administrative. Elles auront moins de problèmes dans le futur que celles qui n’auront pas bénéficie de cette formation. Je dois rappeler que c’est PEN International qui à accompagné le Centre Guinéen dans cette initiative, grâce à un financement destiné aux Programmes Régionaux.

La plume: PEN International sera-t-il prêt à vous soutenir et à vous accompagner si le livre était interdit ici?

(Rires) le livre n’est pas interdit encore.

Attendons de savoir

La plume: Zeinab, quel appel lancez vous aux autorités sur place?

Zeinab: je remercie les organisateurs de cette rencontre et je dis aux autorités que la liberté d’expression doit être respectée. Les écrivains étant les meilleurs ambassadeurs d’un pays, ils méritent respect et protection. Dans un monde en pleine mutation, les pratiques néfastes nuisent à la santé et les pratiques
rétrogrades retardent le développement social, économique et culturel. Nous devons tous oeuvrer pour la protection sociale de nos enfants

La plume: Zeinab, merci pour votre disponibilité

Zeinab: c’est à moi de vous remercier

Propos recueillis par Dian Diallo

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