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La charte de PEN International

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Le PEN affirme que:

1. La littérature ne connaît pas de frontières et doit rester la devise commune à tous les peuples en dépit des bouleversements politiques et internationaux.

2. En toutes circonstances, et particulièrement en temps de guerre, le respect des oeuvres d’art, patrimoine commun de l’humanité, doit être maintenu au-dessus des passions nationales et politiques.

3. Les membres de la Fédération useront en tout temps de leur influence en faveur de la bonne entente et du respect mutuel des peuples; ils s’engagent à faire tout leur possible pour écarter les haines de races, de classes et de nations, et pour répandre l’idéal d’une humanité vivant en paix dans un monde uni.

4. Le PEN défend le principe de la libre circulation des idées entre toutes les nations et chacun de ses membres a le devoir de s’opposer à toute restriction de la liberté d’expression dans son propre pays ou dans sa communauté aussi bien que dans le monde entier dans toute la mesure du possible. Il se déclare en faveur d’une presse libre et contre l’arbitraire de la censure en temps de paix. Le PEN affirme sa conviction que le progrès nécessaire du monde vers une meilleure organisation politique et économique rend indispensable une libre critique des gouvernements et des institutions. Et comme la liberté implique des limitations volontaires, chaque membre s’engage à combattre les abus d’une presse libre, tels que les publications délibérément mensongères, la falsification et la déformation des faits à des fins politiques et personnelles.

D’où vient notre charte ?

La charte de PEN International guide, unifie et inspire ses membres depuis plus de 60 ans. Ces principes étaient implicites lors de la fondation de l’organisation en 1921. Toutefois, comme la déclaration universelle des droits de l’homme, la charte PEN s’est façonnée au milieu des dures réalités de la deuxième guerre mondiale. Elle a été approuvée lors du congrès PEN à Copenhague en 1948.

L’inspiration de Galsworthy

Le premier président de PEN, le romancier et dramaturge britannique John Galsworthy, a écrit les trois premiers articles de la charte à l’issue du congrès de 1926 à Berlin. Des tensions se sont alors soulevées parmi les écrivains réunis et le débat a éclaté sur la nature politique par rapport à la nature non politique de PEN. De retour à Londres, Galsworthy s’est installé dans le salon de la fondatrice de PEN, Catharine Amy Dawson Scott, pour travailler sur une déclaration formelle qui « serve d’aune à l’action de PEN ». La résolution de Galsworthy a été aisément adoptée lors du congrès de 1927 à Bruxelles et ces articles continuent de faire partie de la charte PEN.

Le commencement de la guerre

PEN a été sondé par la poussée du nazisme en Allemagne, plus particulièrement lors du congrès de 1933 à Dubrovnik. Quelques mois plus tard, dans des feux de joie à travers toute l’Allemagne, le parti nazi brûlait des milliers de livres qu’il jugeait ‘impurs’ – c’est-à-dire sans cohérence ou hostiles à son idéologie. Lors du congrès de Dubrovnik, dirigé par le président de PEN, H. G. Wells, l’assemblée des délégués a réaffirmé la résolution de Galsworthy en réponse à ces événements. Le lendemain, la délégation allemande a essayé d’empêcher Ernst Toller, un dramaturge judéo-allemand exilé, de parler. Alors que certains membres soutenaient cet effort, une majorité écrasante rejetait la position allemande et réaffirmait les principes sur lesquels elle venait de voter. La délégation allemande a quitté le congrès et en fait a quitté PEN pendant toute la durée de la deuxième guerre mondiale.

Lors du premier congrès à l’issue de la guerre, à Stockholm en 1946, le centre PEN Amérique – soutenu par le centre PEN Angleterre – a présenté deux résolutions. L’une poussait les membres PEN ‘à défier les idéaux d’une humanité vivant en paix dans un seul monde’ ; l’autre abordait la question de la censure. Le débat sur la rédaction à la portée de la résolution a continué lors du congrès de 1947 à Zurich mais les délégués sont enfin parvenus à un accord. La résolution est devenue la fondation de notre quatrième article de la charte PEN.

De 1948 à nos jours

Enfin, lors du congrès de 1948, l’assemblée des délégués a approuvé la charte PEN dans son intégralité. Ces principes continuent de guider et d’unifier nos centres présents aujourd’hui dans plus de 100 pays autour du globe. .

Joanne Leedom-Ackerman
Ancien secrétaire international et vice-président de PEN International

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