PEN s’engage pour le respect de toutes les langues, et pour la défense et la promotion des langues minoritaires. Les principes fondamentaux relatifs aux droits linguistiques suivis par PEN International sont énoncés dans le Manifeste de Gérone.

Déclaration universelle des droits linguistiques et Manifeste de Gérone

La Déclaration universelle des droits linguistiques

Contexte

Depuis sa création à Stockholm en 1978, le Comité Traduction et Droits linguistiques de PEN International s’est fait le défenseur des droits linguistiques. Il a joué un rôle clé dans l’élaboration de la Déclaration universelle des droits linguistiques (DUDL), en 1996, et continue de batailler pour défendre et faire reconnaître les langues minoritaires et menacées.

Endossée par certains des plus grands penseurs de notre monde contemporain, la DUDL existe –ici – en dix langues. Cliquer ici pour prendre connaissance de ces divers endossements.

La DUDL est l’aboutissement d’un processus de longue haleine engagé en septembre 1994, lorsque les organes de promotion (le comité Traduction et Droits linguistiques et le Centre international Escarré pour les Minorités ethniques et les Nations) décidaient d’en confier l’élaboration et la rédaction à un comité multidisciplinaire : c’est ainsi que quelque cinquante experts d’un grand nombre de pays ont travaillé à la production de ses douze moutures successives.

Dans un objectif de représentativité et de légitimité optimales, deux-cent-vingt personnes représentant quatre-vingt-dix pays, ou presque, et tous les continents ont pris part à la conférence à laquelle a été adoptée la DUDL. Parmi ces personnes, on notera les représentants d’une centaine d’ONG et de centres PEN.

Grâce à un nombre très important de contributions qui rendent compte d’une multiplicité de contextes sociolinguistiques, d’une part, et aux efforts déployés pour trouver le juste équilibre entre des points des vue à l’occasion très divergents, d’autre part, la DUDL n’appartient à aucune école de pensée particulière : elle aspire au contraire à s’ouvrir à tous les courants et à s’appliquer à toutes les circonstances.

Ces travaux, et le texte qui en a résulté, avaient pour objectif d’inciter à l’organisation d’une Convention internationale des Nations Unies qui confèrerait aux droits linguistiques valeur universelle. PEN International continue de travailler dans ce sens.

La Déclaration

La Déclaration universelle des droits linguistiques proclame l’égalité des langues, indépendamment du statut politique ou administratif dont elles jouissent ou encore du nombre de personnes qui les parlent. Elle pose comme inséparables et interdépendantes les dimensions collective et individuelle des droits linguistiques : ainsi, l’exercice individuel de droits linguistiques ne peut être véritablement efficace que si les droits collectifs de l’ensemble des communautés et groupes linguistiques sont également reconnus.

Bien qu’il s’agisse d’un exercice d’une extrême complexité, arriver à trouver le juste équilibre entre les droits linguistiques des communautés, des groupes et des personnes qui partagent un même espace est la garantie de relations sociales harmonieuses. C’est pourquoi la DUDL se concentre sur les droits de communautés linguistiques historiquement établies sur un territoire qui leur est propre, dans le but de définir une gradation – applicable à chaque cas – des droits des groupes linguistiques, à l’appui de divers degrés d’historicité et d’auto-identification, et des droits des personnes qui vivent hors de leur communauté d’origine.

Certes, l’exercice de droits linguistiques est fonction des moyens disponibles ; il serait cependant injuste de nier la validité de ces droits au motif d’insuffisance de moyens. Faut-il rappeler que le réel exercice des droits universellement reconnus que sont le droit à la vie, le droit à la santé, le droit au travail et le droit à l’éducation nécessite la mise en œuvre de moyens, notamment financiers, considérables. La DUDL entend fédérer un engagement international pour la solidarité dans le domaine des droits linguistiques, afin d’en palier les carences et d’en garantir la viabilité pour les plus défavorisés d’entre nous. À ce titre, tout en soulignant la responsabilité des autorités publiques, cette déclaration se concentre sur les droits, et non sur les obligations, voire, les interdictions, et appelle à ce que soient trouvées, dans un esprit de consensus démocratique, des solutions adaptées à chaque cas.

Manifeste de Gérone relatif aux droits linguistiques

C’est en 2011 que le comité Traduction et Droits linguistiques a élaboré le Manifeste de Gérone relatif aux droits linguistiques, dans l’intention qu’il serve d’outil de dissémination et de mise en œuvre de la DUDL. Partout dans le monde, les centres PEN ont contribué à la traduction du texte en une cinquantaine de langues. Pour en prendre connaissance dans la langue de votre choix, cliquer ici.

Pour le comité Traduction et Droits linguistiques, la traduction est un élément indissociable des droits linguistiques et, partant, le travail du traducteur est au cœur de la promotion du droit de l’ensemble des communautés linguistiques à être traitées sur un pied d’égalité. PEN s’engage pour une conception de la traduction qui permette à toutes les littératures, quelle que soit la manière dont elles sont définies, s’enrichissent les unes les autres.

Autres Publications

‘To Be Translated Or Not To Be’ [Être traduit ou ne pas être] (2007), publié par Esther Allen, est un rapport sur la situation à l’international de la traduction littéraire, produit par PEN International et l’Insitut Ramon Llull.

26 Exchanges: Journeys between and behind the lines of language [26 échanges, ou voyages entre et derrière les lignes de la langue] (2009) Cette publication présentée lors de l’exposition PEN International – UNESCO traite de questions liées à la traduction. Il s’agissait de faire travailler en binômes 11 écrivains de PEN dans le monde entier et 11 écrivains de 26, association d’écrivains, d’éditeurs et de conseillers linguistiques.

 

Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits culturels

Qui est-ce ?

Un rapporteur spécial est un expert indépendant chargé par le conseil des droits de l’Homme des Nations Unies d’examiner et de rendre compte de situations particulières. Il s’agit d’une fonction honoraire : le rapporteur spécial ne fait pas partie du personnel des Nations Unies et n’est pas rémunéré. L’actuel rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits culturels est la Pakistanaise Farida Shaheed.

La  fonction de rapporteur spécial a été créée en 2012. Elle consiste à :

• Identifier les meilleures pratiques en matière de défense et de protection des droits culturels aux échelles locale, nationale, régionale et internationale, et les obstacles potentiels à la protection de ces droits ;

• Travailler en collaboration avec les États vers l’adoption de mesures destinées à promouvoir et à protéger les droits culturels, à l’appui de propositions concrètes vers l’optimisation des collaborations en la matière ;

• Étudier la relation entre les droits culturels et la diversité culturelle, en collaboration étroite avec les États, l’UNESCO et l’ensemble des acteurs concernés.

Les rapports annuels du rapporteur spécial peuvent être consultés ici.

De quelle manière les centres PEN peuvent-ils interagir avec le rapporteur spécial ?

Dans le cadre de sa mission, le rapporteur spécial sur les droits culturels travaille avec les ONG et les acteurs de la société civile qui lui transmettent des informations. Les centres PEN peuvent interagir avec le rapporteur spécial en lui transmettant toute information qu’ils jugent utile sur les questions qui touchent à sa mission.

Pour connaître les coordonnées du bureau du rapporteur spécial, cliquer ici.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits culturels

Le mandat du Rapporteur spécial sur les droits culturels prévoit qu’il travaille en collaboration avec les ONG et les acteurs de la société civile, qui lui transmettent notamment des informations précieuses. Les centres PEN peuvent interagir avec le Rapporteur spécial en lui transmettant des informations sur des questions particulières.

Vous trouverez les coordonnées du Bureau du Rapporteur spécial ici.

De quelle manière les centres PEN peuvent-ils interagir avec le rapporteur spécial ?

Dans le cadre de sa mission, le rapporteur spécial sur les droits culturels travaille avec les ONG et les acteurs de la société civile qui lui transmettent des informations. Les centres PEN peuvent interagir avec le rapporteur spécial en lui transmettant toute information qu’ils jugent utile sur les questions qui touchent à sa mission.

Pour connaître les coordonnées du bureau du rapporteur spécial, cliquer ici.

 

Travail de l’UNESCO sur les droits linguistiques

PEN et l’UNESCO

L’organisation des Nations Unies pour la science, l’éducation et la culture (UNESCO) a été créée le 16 novembre 1945, l’objectif poursuivi étant, par la mise en place d’une organisation « établie sur le fondement de la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité » [acte constitutif], d’empêcher à jamais un autre conflit mondial. Depuis, l’UNESCO s’est élargie : elle travaille aujourd’hui avec pas moins de 200 pays dans le but de créer les conditions nécessaires à un dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples, fondé sur le respect de valeurs communes.

L’UNESCO a pour mission de « contribuer à l’édification de la paix, à l’élimination de la pauvreté, au développement durable et au dialogue interculturel par l’éducation, les sciences, la culture, la communication et l’information. »

Depuis 1949, PEN jouissait d’un statut consultatif auprès de l’UNESCO en tant que « représentant des écrivains du monde ». En 1996, ce statut consultatif est devenu statut d’associé, qui est le statut accordé aux organisations qui « ont entretenu un partenariat (statut de consultation) suivi et efficace » avec l’UNESCO. Ce statut d’associé prévoit une coopération étroite et régulière avec l’UNESCO vers la réalisation de ses objectifs.

Déclaration universelle des droits linguistiques

PEN a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration et la rédaction de la Déclaration universelle des droits linguistiques de l’UNESCO.

Journée internationale de la langue maternelle

C’est le 21 février 1999 que l’UNESCO déclarait que cette date serait destinée à « encourager la conservation et la défense de toutes les langues parlées par les peuples du monde entier » [résolution 61/266] : la Journée internationale de la langue maternelle était née.

Et, depuis 2000, la Journée internationale de la langue maternelle est célébrée dans le but de promouvoir la diversité linguistique et culturelle et le multilinguisme. Cette date a été choisie en mémoire des étudiants tués par la police le 21 février 1952, alors qu’ils manifestaient à Dhaka, capitale de l’actuel Bangladesh, qui faisait à l’époque partie du Pakistan, pour que le bengali soit reconnu comme deuxième langue officielle du pays.

L’UNESCO estime que, sur les 6 000 langues parlées aujourd’hui, la moitié d’entre elles se seront éteintes à la fin de ce siècle. 29% des langues du monde sont menacées, et 10% considérées comme vulnérables. 96% des langues du monde sont parlées par seulement 4% de la population mondiale, 4% qui représentent des dizaines de millions de personnes dont la langue fait partie intégrante de l’histoire et du patrimoine de leur communauté.

Pour accéder à la carte interactive de distribution et statuts des langues du monde, cliquer ici.

PEN s’engage pour le respect de toutes les langues et pour la défense et la promotion des langues minoritaires. Les principes directeurs fondamentaux adoptés par PEN relativement aux droits linguistiques sont énoncés dans le Manifeste de Gérone. Ainsi, pour n’en citer que deux, nous pensons que chaque communauté linguistique est en droit de s’attendre  à ce que sa langue fasse partie des langues officielles du territoire sur lequel elle vit, et que le droit d’employer et de défendre sa langue devrait être reconnu par les Nations Unies au titre de droit humain fondamental.

Convention de 2005 sur la défense et la promotion de la diversité des expressions culturelles

La Convention sur la défense et la promotion de la diversité des expressions culturelles – Lire le texte de la Convention – est un instrument juridique international contraignant qui assure aux artistes, aux professionnels de la culture, aux praticiens et aux citoyens du monde entier la possibilité de créer, produire, diffuser et jouir d’un large éventail de biens de services et d’activités culturels, incluant les leurs.

Cette convention vise à reconnaître le potentiel de la diversité culturelle comme ressort fondamental, et non pas seulement produit dérivé, du développement durable, capable de nourrir les capacités et les valeurs humaines. Elle souligne également l’importance de la tolérance et du respect mutuel entre les peuples et les cultures, indispensables à la paix et à la sécurité.

Elle exprime avec force, en son article 2, que la liberté d’expression et la liberté culturelle et artistique sont indissociables.

ARTICLE 2 – Principes directeurs

1. Principe du respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales

La diversité culturelle ne peut être protégée et promue que si les droits de l’homme et les libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, d’information et de communication, ainsi que la possibilité pour les individus de choisir les expressions culturelles, sont garantis. Nul ne peut invoquer les dispositions de la présente Convention pour porter atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales tels que consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme ou garantis par le droit international, ou pour en limiter la portée.

Le préambule affirme avec force l’importance de la diversité linguistique :

[et qu’il est] un élément fondamental de la diversité culturelle, et réaffirm[e] le rôle fondamental que joue l’éducation dans la protection et la promotion des expressions culturelles.

 Les droits linguistiques en droit international

Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples

ARTICLE 2

Toute personne a droit à la jouissance des droits et libertés reconnus et garantis dans la présente Charte sans distinction aucune, notamment de race, d’ethnie, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Convention américaine relative aux droits de l’Homme

ARTICLE 1 – Obligation de respecter les droits

1. Les Etats parties s’engagent à respecter les droits et libertés reconnus dans la présente Convention et à en garantir le libre et plein exercice à toute personne relevant de leur compétence, sans aucune distinction fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la situation économique, la naissance ou toute autre condition sociale.

Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne

ARTICLE 21

1. Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle.

Charte européenne des langues régionales ou minoritaires

ARTICLE 7: Objectifs et principes

1. En matière de langues régionales ou minoritaires, dans les territoires dans lesquels ces langues sont pratiquées et selon la situation de chaque langue, les Parties fondent leur politique, leur législation et leur pratique sur les objectifs et principes suivants :

a. la reconnaissance des langues régionales ou minoritaires en tant qu’expression de la richesse culturelle ;

b. le respect de l’aire géographique de chaque langue régionale ou minoritaire, en faisant en sorte que les divisions administratives existant déjà ou nouvelles ne constituent pas un obstacle à la promotion de cette langue régionale ou minoritaire ;

c. la nécessité d’une action résolue de promotion des langues régionales ou minoritaires, afin de les sauvegarder ;

d. la facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée ;

e. le maintien et le développement de relations, dans les domaines couverts par la présente Charte, entre les groupes pratiquant une langue régionale ou minoritaire et d’autres groupes du même Etat parlant une langue pratiquée sous une forme identique ou proche, ainsi que l’établissement de relations culturelles avec d’autres groupes de l’Etat pratiquant des langues différentes ;

f. la mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement et d’étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés ;

g. la mise à disposition de moyens permettant aux non-locuteurs d’une langue régionale ou minoritaire habitant l’aire où cette langue est pratiquée de l’apprendre s’ils le souhaitent ;

h. la promotion des études et de la recherche sur les langues régionales ou minoritaires dans les universités ou les établissements équivalents ;

i. la promotion des formes appropriées d’échanges transnationaux, dans les domaines couverts par la présente Charte, pour les langues régionales ou minoritaires pratiquées sous une forme identique ou proche dans deux ou plusieurs États.

2. Les Parties s’engagent à éliminer, si elles ne l’ont pas encore fait, toute distinction, exclusion, restriction ou préférence injustifiées portant sur la pratique d’une langue régionale ou minoritaire et ayant pour but de décourager ou de mettre en danger le maintien ou le développement de celle-ci. […]

Pacte international relatif aux droits civils et politiques

ARTICLE 27

Dans les États  où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d’avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d’employer leur propre.

Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

ARTICLE 15

1. Les États parties au présent Pacte reconnaissent à chacun le droit :

 

a. De participer à la vie culturelle ;

b. De bénéficier du progrès scientifique et de ses applications ;

c. De bénéficier de la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.

 

2. Les mesures que les Etats parties au présent Pacte prendront en vue d’assurer le plein exercice de ce droit devront comprendre celles qui sont nécessaires pour assurer le maintien, le développement et la diffusion de la science et de la culture.

3. Les États parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté indispensable à la recherche scientifique et aux activités créatrices.

4. Les États parties au présent Pacte reconnaissent les bienfaits qui doivent résulter de l’encouragement et du développement de la coopération et des contacts internationaux dans le domaine de la science et de la culture.

Déclaration universelle des droits de l’Homme

ARTICLE 27

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.

2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.