22ème Journée Mondiale de la Liberté de la Presse


WPFD - final22ème Journée Mondiale de la Liberté de la Presse –  Journalistes et bloggers du monde continuent de subir des représailles et des  restrictions

Le 03 Mai, PEN International marque la Journée Mondiale de la liberté de la Presse – affirmant ainsi l’importance de la liberté d’expression et de la presse – un droit humain fondamental inscrit dans l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

“Les membres de PEN du monde entier sont personnellement engagés dans la lutte pour la liberté de la presse,” a affirmé Marian Botsford Fraser, le Président du comité des Ecrivains Emprisonnés de PEN International.

“Nous ne sommes pas étrangers au challenge et dangers que courent les journalistes et professionnels des média dans la poursuite de leur travail, qui est essentiel pour donner un système d’équilibre des pouvoirs à tous gouvernements.”

La journée est aussi une opportunité pour la communauté internationale de renouveler son engagement à la liberté de la presse.

La journée marque l’anniversaire de la Déclaration de Windhoek, une déclaration de principes rédigée par des journalistes Africains en 1991 pour une presse libre, indépendente et pluralistique sur le continent et à-travers le monde.

PEN International surveilleles attaques sur des centaines de journalistes chaque année autour du monde, soulignant ainsi le danger auquel ils font face.  L’organisation fait campagne des cas emblématiques de journalistes persécutés par les gouvernements dans toutes les régions du monde.  PEN fait campagne aussi pour les média transitionels et les utilisateurs de l’internet, réconnaissant que les écrivains – y compris les journalistes du web, les bloggers et producteurs des réseaux sociaux – dans le monde digital où l’information est de plus en plus produite et consommée, ne sont moins soumis aux formes de persécution comme les arrestations arbitraires, les tortures, les procès inéquitables, les attaques (dans les cas extrêmes les tueries) et les menaces que leurs collègues des média traditionnels.

Les média numériques ont beaucoup developpé la capacité des personnes, des associations ainsi que des sociétés entières à s’exprimer, aussi bien en privé qu’en public, de s’associer librement, d’échanger la litérature, les idées et les informations.  Bien que les média numériques aient permi aux gens d’échanger de cette manière, ils ont aussi augmenté le nombre de personnes qui sont vulnerables à la persécution pour leurs écritures.

Les écrivains en ligne font face à de nouvelles formes d’attaques comme les cyber-attaques, les violations de données, l’invasion de leur vie privée ainsi que les surveillances excessives.  À-travers sa Déclaration sur la Liberté Digitale, PEN a fait campagne pour protéger les journalistes sur le web et démontrer les manières dont les attaques comme la censure en ligne et la surveillance illégale, limitent le droit à la liberté d’expression – qui inclut le droit de recevoir et de transmettre les informations – et ébranlent la liberté de la presse.

Cette année, PEN International souligne la liberté de la presse dans quatre pays.

Turquie

Les journalistes et les utilisateurs des réseaux sociaux font face à de plus en plus de pression et et sont souvent même prosécutés par le gouvernement qui sévit contre la libre expression. Ces pressions ont surtout augmenté dépuis l’introduction de la nouvelle loi internet, donnant ainsi aux authorités turques de télécommunication presqu’un pouvoir illimité pour affermir leur contrôle sur internet.

PEN International est aussi très inquiet par une nouvelle loi controversiale ratifiée par le Président Gül le 26 avril 2014 donnant à l’agence nationale d’intelligence de la Turquie MİT de nouveaux pouvoirs extraordinaires.  Sous cette nouvelle loi, les journalistes et éditeurs qui publient du matériel d’intelligence qui a fuité sont susceptibles à des peines d’emprisonnement de plus de 9 ans. La loi aussi donne à l’agence d’intelligence l’accès sans restriction aux données privées sans une ordonnance du tribunal. La nouvelle loi enfreint considérablement à la liberté d’expression, la liberté de la presse, le droit à la vie privée et le droit du public à accéder à l’information, tout en violant les obligations de la Turquie vis-à-vis de la loi internationale sur les droits humains.

L’affaire Gökhan Biçici emblématique de l’impunité policière pour les manifestations de 2013

Gökhan Biçici est un reporter et rédacteur pour İMC TV ayant fait l’objet de violence policière pendant les manifestations de Gezi Park en 2013. Arrêté le 16 juin 2013 alors qu’il détaillait les forces excessives employées par la police contre les manifestants à Istanbul, Biçici a été sévèrement battu par la police avant d’être traîné dans les rues. Des observateurs dans les appartements surplombant son arrestation ont filmé l’attaque dont les images se sont répandues tel un virus sur les médias sociaux en quelques heures. En savoir plus et agir ici.

Honduras

Les journalistes qui enquêtent sur les crimes organisés, la corruption gouvernementale et d’autres issues sensibles font de plus en plus face à des menaces et à des attaques meutrières en Honduras, sans que les perpétrateurs en soient inquiets. Dépuis 2009, au moins 32 journalistes Honduran– la plupart travaillant pour les médias audiovisuels – ont été tués et beaucoup d’autres continuent de travailler dans un climat de peur et d’autocensure. Seulement deux cas ont été prosécutés avec succès – un taux d’impunité de plus de 90%.

Honduras : à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’impunité pour les assassins des journalistes et les agressions à l’encontre des médias entravent les progrès

Avant la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai), PEN International se réjouit des récentes condamnations des assassins des journalistes Aníbal Barrow et Alfredo Villatoro Rivera. Cependant, PEN souligne que seul un suspect sur les six de l’affaire Barrow a été condamné, le prononcé de la peine des assassins de Villatoro a été reporté alors que ceux qui ont commandité les deux assassinats courent toujours.  En outre, cinq mois plus tard, aucun progrès n’a été accompli dans l’enquête sur le meurtre en décembre 2013 du propriétaire de la chaîne de radio et reporter Carlos Argeñal Medina, alors qu’un membre de sa famille cherchant à obtenir justice pour son assassinat a fait l’objet d’intimidations. Sur les 38 journalistes tués au Honduras depuis 2003, seules quatre affaires ont abouti à des condamnations, soit un taux d’impunité de 90 pour cent. Les agressions de journalistes se poursuivent sans relâche comme en attestent le meurtre d’un autre travailleur des médias au mois d’avril, en dépit du fait que la Commission interaméricaine des droits de l’homme avait ordonné sa protection, et le harcèlement judiciaire du journaliste Julio Ernesto Alvarado qui a été condamné pour diffamation. En savoir plus et agir ici.

Russie

Dans les récentes années, beaucoup de lois enfringeant à la libre expression et à la dissidence ont été passées en Russie. Ces lois – la soi-disant loi ‘propagande anti-gay’, la loi sur la blasphémie et une loi re-introduisant la diffamation – spécifiquement restreignent le droit à la libre expression et posent une menace particulière aux journalistes et bloggers. Cette semaine, la Chambre Haute du Parlement Russe a passé un nouveau projet de loi qui applique de nouvelles restrictions à l’internet et au blogs. Une fois passé par le Président Poutine, ces lois devraient prendre effet en Août et les bloggers avec plus de 3000 vues par page feront face à des régulations et responsabilité juridique. Les groupes pour la défense des droits de l’Homme ont critiqué le projet de loi comme un moyen de supprimer les voix critiques sur internet.

PEN concerné par le nouveau projet de loi de limiter les blogs en Russie

PEN International est profondément affecté par les informations portant sur le fait que le parlement russe a adopté un projet de loi qui menace d’étouffer la liberté d’expression en ligne. Si le projet de loi est ratifié par le Président Vladimir Putin, les bloggeurs individuels devront se conformer aux mêmes normes onéreuses imposées aux médias traditionnels en Russie. PEN demande au Président Putin de s’opposer à la nouvelle loi et de confirmer la liberté d’expression en ligne conformément aux obligations de la Russie en vertu des traités internationaux. En savoir plus et agir ici.

Éthiopie

L’Ethiopie a une longue histoire de contrôle du gouvernement sur les média. Suivant les élections controversées de 2005, une répression sur la liberté de la presse avec l’introduction de mesures répréhensives visant à restraindre la libreté d’expression et d’association, a abouti à un étouffement des voix critiques. Bien que ces dernières années ont vu une rapide recent montée dans l’accès et l’utilisation de internet en Ethiopie, il y a eu un developpement correspondant de la technologie de surveillance digitale de l’Etat Ethiopien; une sophistication qui pourrait créer de nombreuses menaces pour les voix dissidentes dans le pays.

L’Etat a de plus en plus utilisé sa draconienne Proclamation Anti-Terroriste No. 652/2009 pour arbitrairement arrêter, prosécuter et emprisonner les journalistes indépendents et activistes de l’opposition. Les actions classées comme “terroristes” ne seront même pas la plupart du temps considérées comme des crimes en déhors de l’Ethiopie. L’application de la loi a poussé la plupart des journalistes à self-censorship et à l’étouffement des publications indépendentes. Neuf bloggers ont récemment été arrêtés, et au moins cinq journalistes de la presse écrite, y compris Eskinder Nega et Reeyot Alemu sont en ce moment en détention dans le pays pour alleged terrorism.

PEN International demande la libération des bloggeurs et journalistes éthiopiens

L’arrestation de neuf bloggeurs et journalistes en Éthiopie quelques jours avant la Journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai souligne une fois encore les inquiétudes de PEN International en ce qui concerne la liberté d’expression dans le pays. PEN se rappelle avec consternation que l’an dernier la Cour suprême éthiopienne a marqué la Journée mondiale de la liberté de la presse en confirmant la peine de prison de 18 ans très douteuse du journaliste EskinderNega pour activités liées au terrorisme; lui-même et au moins quatre autres journalistes sont en prison en Éthiopie pour des condamnations similaires. En savoir plus et agir ici.

Translated by Edwige Dro