Home Page > News Item > Agissez en faveur de l’écrivain érythréen incarcéré Idris Said Aba Arre à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle

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Le 21 février 2016 – L’écrivain Idris Said Aba Arre est un ancien combattant handicapé de la guerre d’indépendance d’Erythrée et opposant déclaré de la politique éducative sur la langue maternelle du pays.  Il a été arrêté au mois d’octobre 2001 après avoir dénoncé l’arrestation du G-15*, un groupe d’hommes politiques détenus pour avoir publié une lettre ouverte en faveur du changement démocratique en Érythrée. Plusieurs mois avant son arrestation, il avait publié un ouvrage précurseur sur l’éducation dans la langue maternelle dans lequel il critiquait la politique adoptée par le gouvernement dans le domaine de la langue depuis l’indépendance. Cet article intitulé   Education in Mother-tongue: Between the Anvil of Popular Rejection and the Hammer of the Academic of the Ministry [of Education] (Éducation dans la langue maternelle : entre le marteau du ministère de l’Éducation nationale et l’enclume du rejet populaire) met en exergue la tendance du gouvernement à avoir recours au tigrigna comme langue officielle par défaut, l’un des neuf groupes de langue dans le pays, et souligne la façon dont cette politique entraîne de très forts désavantages pour les membres des autres groupes linguistiques.

Cet article critique également la politique du gouvernement visant à fermer certaines écoles où l’enseignement se fait en arabe et à remplacer l’arabe comme moyen d’instruction par une autre instruction en langue maternelle, prétendument en vue d’instaurer l’égalité entre les neuf langues érythréennes, décision que le gouvernement a prise sans avoir consulté suffisamment les citoyens érythréens. Aba Arre a mis en garde contre cette politique qui créera un pays à deux vitesses avec une section de la population lettrée et une autre analphabète au détriment des locuteurs de langues minoritaires.

Depuis son arrestation en 2001, Aba Arre est en détention arbitraire au secret. PEN International pense que la détention d’Aba Arre a un caractère politique et représente une tentative du gouvernement érythréen d’étouffer la critique.

PEN International appelle à la libération immédiate d’Aba Arre et enjoint le gouvernement érythréen de mettre un terme aux atteintes à la liberté d’expression et au recours systématique à la détention au secret d’écrivains et de journalistes sans procès.

Agissez

Envoyez vos appels pour :

  • Protester contre la détention à caractère politique de l’écrivain Idris Said Aba Arre sans chef d’accusation ni procès depuis 2001 ;
  • Exiger que les autorités érythréennes apportent immédiatement un éclaircissement sur la situation d’Idris Said Aba Arre et appeler à sa libération immédiate et inconditionnelle ;
  • Inviter le gouvernement à permettre à tous les citoyens d’apprendre la langue de leur choix.

Aux :

Ministère de la JusticeM. le Ministre de la Justice Fawzia Hashim

P.O. Box 241

Asmara, Érythrée

Fax : + 291 1 126422

 

PrésidentSon Excellence, Isaias Afewerki

Bureau du Président, P.O. Box 257,

Asmara, Érythrée

Fax : + 2911 125123

 

Publicité et médias sociaux

Nous encourageons les membres de PEN à :

  • Publier des articles de presse et opinions dans leur presse nationale ou locale pour exposer l’affaire d’Idris Said Aba Arre ;
  • Organiser des événements publics, des conférences de presse ou des manifestations ;
  • Partager des informations au sujet d’Idris Said Aba Arre et de leurs activités de campagne en sa faveur par le biais des médias sociaux ;
  • Tweet suggéré : #Érythrée libérer l’écrivain Idris Said Aba Arre détenu sans inculpation depuis 15 ans #IMLD2016 @pen_int (ajouter le lien vers le document d’action) ;
  • Tweet suggéré : On #IMLD2016 agissez pour l’écrivain incarcéré Idris Said Aba Arre détenu sans inculpation depuis 15 ans @pen_int #Érythrée (ajouter le lien vers le document d’action).

Contexte :

Né en 1953 dans la province de Semhar, Aba Arre est connu pour son esprit critique, ses lectures publiques et ses séminaires sur l’histoire de la lutte érythréenne pour l’indépendance. Après la guerre de libération de l’Érythrée qui a pris fin en 1991, Aba Arre aurait été affecté au ministère des Affaires étrangères nouvellement établi en sus de son rôle de contributeur régulier au quotidien en langue arabe du gouvernement, Eritrea al-Haditha.  Aba Arre a également travaillé en tant que pigiste pour le journal indépendant ጽጌናይ (Tsigenay), et a publié un recueil de nouvelles en arabe en 1992.

C’était un opposant déclaré de la politique linguistique adoptée par le gouvernement après l’indépendance, en particulier de son traitement de l’éducation dans la langue maternelle. Il soutenait que cette politique désavantageait les locuteurs d’autres langues que le tigrigna qui percevraient leur propre langue maternelle comme un piètre remplaçant de la langue officielle par défaut du pays, le tigrigna. Dans l’un des articles qu’il a écrits avant son arrestation, il déclarait que la politique linguistique du gouvernement était en train de renforcer les inégalités entre les différents groupes linguistiques dans le pays et qu’elle avait une incidence négative sur l’éducation des locuteurs de langues minoritaires. Vous pouvez lire ici la version intégrale de cet article.

« Il est surprenant que chaque fois que le mécontentement et le mépris refont surface, l’entêtement du ministère se renforce ».

Le gouvernement l’aurait inscrit sur liste noire pour ses écrits et, le 11 octobre 2001, Aba Arre a été arrêté à son domicile. Depuis, il est détenu au secret, sans qu’aucun chef d’accusation n’ait été prononcé et sans procès.

Depuis la répression exercée par le gouvernement contre les dissidents en septembre 2001, le pays ne connaît plus aucune liberté d’opinion ou d’expression ni aucun média indépendant ; seul le Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ) au pouvoir est autorisé et aucune élection nationale n’a eu lieu.

D’après de récentes estimations, quelque  10 000 Érythréens auraient été détenus pour leur critique ou leur opposition au gouvernement depuis 2001 et au moins 28 journalistes se trouveraient encore en détention. Neuf journalistes et neuf hommes politiques seraient décédés en détention en raison des tortures et autres sévices qu’ils auraient subis, ainsi que de la dureté de leurs conditions et du manque d’accès à des soins médicaux.

PEN International appelle le gouvernement érythréen à libérer tous les prisonniers détenus pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, à respecter les normes internationales en matière de droits de l’homme se rapportant au traitement des détenus, à rétablir l’indépendance des médias et à faire preuve d’une transparence totale au sujet du lieu de détention, de l’état de santé et de la situation juridique de l’ensemble des journalistes, écrivains et militants qui sont détenus.

*Le groupe G-15 – 11 hommes politiques arrêtés pour avoir écrit une lettre ouverte en faveur du changement démocratique. Tous les signataires de cette lettre appartenaient au G-15, un groupe de hauts responsables du parti au pouvoir, le Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ).

Pour tout complément d’information, veuillez contacter Lianna Merner, PEN International, Koops Mil, 162-164 Abbey Street, Londres SE1 2AN | Tél. : +44 (0) 207 405 0338 | Fax : +44 (0) 207 405 0339 | Courriel : Lianna.Merner@pen-international.org

 

 

 

 

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