Home Page > News Item > CAMEROUN – écrivain détenu ; fait face à une peine de 50 ans de prison

RAN 04/12 23 janvier 2012

Le Comité des écrivains en prison (WiPC) de PEN International proteste contre la détention prolongée et le mauvais traitement de l’écrivain et militant politique Enoh Meyomesse par les autorités camerounaises. Meyomesse est en détention depuis son arrestation le 22 novembre 2011, et il est accusé de vol et de ‘tentative de coup d’État’. Des allégations inquiétantes sont apparues sur le fait que les preuves à son encontre étaient fabriquées et’ PEN est à la recherche d’informations supplémentaires en ce qui concerne ces plaintes. Au cours des deux derniers mois Meyomesse s’est vu refuser l’accès à une représentation légale et il serait torturé. Il sera jugé devant un tribunal militaire et fait face à une peine de prison de 50 ans s’il est jugé coupable des charges retenues contre lui.

Enoh Meyomesse, 57 ans, est l’auteur de nombreux livres et c’est un membre fondateur de l’Association des écrivains camerounais. Il a été arrêté le 22 novembre 2011 à l’aéroport international Nsimalen de Yaoundé à son retour d’un voyage à Singapour. Il a été condamné, avec trois autres hommes, de 1) tentative d’organisation d’un coup d’État 2) possession d’une arme à feu 3) vol aggravé. Meyomesse réfute toutes les condamnations et maintient qu’il est détenu en raison des opinions exprimées dans ses écrits et pour son militantisme politique.

Le lendemain de son arrestation, Meyomesse a été envoyé dans une prison de Bertoua (Province de l’Est), dans laquelle il a été détenu en cellule d’isolement et dans le noir complet pendant 30 jours. Pendant cette période, l’écrivain s’est vu refuser l’accès à un avocat, il dit également qu’il a été torturé. Le 22 décembre 2011, Meyomesse a été déplacé dans la prison centrale surpeuplée Kondengui de Yaoundé, où il se trouve toujours en détention.

Le 12 janvier 2012, le tribunal militaire a émis un mandat à l’encontre de Meyomesse le conservant en prison dans des conditions de détention difficiles au cours des six prochains mois pendant l’investigation menée par le gouvernement, avec la possibilité d’une prolongation de six mois supplémentaires. Son avocat a indiqué à la presse qu’il s’était vu refuser l’accès aux détails complets des charges contre son client. La date de la prochaine audience n’est pas encore fixée.

Il existe des rapports indiquant que le ministère public a fabriqué des preuves mais, en raison d’un manque d’informations supplémentaires, PEN International est dans l’incapacité de prendre position sur les charges retenues actuellement contre Meyomesse. Toutefois, nous sommes extrêmement concernés par la dureté de son traitement et par la réticence des autorités camerounaises à offrir à Meyomesse des conditions justes dans lesquelles organiser une défense appropriée dans un tribunal ouvert.

Nous pensons qu’en infligeant un mauvais traitement à Meyomesse, le Cameroun viole ses obligations en vertu de la Convention des Nations Unies contre la torture et également ses obligations en vertu de l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civiques et politiques (ICCPR). En refusant à Meyomesse l’accès à un avocat pendant un mois, le Cameroun a également violé ses obligations en vertu des articles 9 et 14 de l’ICCPR.

Contexte:

Meyomesse et écrivain et homme politique. Il a publié plus de 15 livres notamment des romans, des essais et des travaux sur des thèmes politiques et culturels. Son premier livre était un recueil de poèmes. En 2010, il a publié Le massacre de Messa en 1955 et le tract Discours sur le tribalisme, dans lequel il aborde les effets destructeurs du tribalisme dans la politique africaine. Meyomesse a essayé de se lancer dans la course présidentielle lors de l’élection du 9 octobre 2011, mais s’est vu refuser son inscription. Son passeport a été saisi en janvier 2011 alors qu’il essayait de quitter le Cameroun pour parler de l’impasse politique en Cote d’Ivoire.
Le Cameroun a de mauvais antécédents sur les droits de l’homme de manière générale et sur la liberté d’expression en particulier.

En 2010, l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Robert Jackson, a attiré publiquement l’attention sur les problèmes des droits de l’homme du pays:

‘Violation des droits de l’homme…. meurtres et autres sévices par les forces de sécurité, conditions d’emprisonnement difficiles et mortelles, et arrestation et détention arbitraires de citoyens, notamment des rapporteurs des droits de l’homme et des militants….incidents de détention provisoire prolongée et quelquefois de mise au secret… restrictions gouvernementales de liberté d’expression, de rassemblement et d’association…’

Amnesty International a également critiqué le système pénitentiaire du Cameroun pour sa surpopulation et ses conditions mettant en danger la vie des prisonniers.

Merci d’envoyer des appels:

réclamant que Meyomesse bénéficie d’un procès juste et ouvert dans un tribunal civil;
exprimant une inquiétude sérieuse sur le fait que Meyomesse se soit vu refuser l’accès à un avocat et que son avocat se soit vu refuser l’accès à la totalité des faits concernant les charges retenues contre son client, violant les obligations du Cameroun en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques;
condamnant la torture présumée de Meyomesse et les conditions difficiles dans lesquelles il est détenu.

Écrire à :
Président
Président Paul Biya
Fax : +237 22 22 08 70
E-mail : cellcom@prc.cm or contact@presidenceducameroun.com
Les messages peuvent également être envoyés par l’intermédiaire du site Internet de la présidence : http://www.prc.cm/index_fr.php?link=messenger/write_pr

Ministre de la Justice
M. Le Garde des Sceaux Laurent Esso
Ministère de la Justice
Yaoundé
Cameroun
Fa x: +237 22 23 00 05

Premier Ministre
M. le Premier Ministre Philemon Yang
Fax : +237 22 23 57 35
E-mail : spm@spm.gov.cm

Veuillez mettre en copie les appels au représentant diplomatique pour le Cameroun de votre pays, si possible. Les coordonnées de certaines ambassades camerounaises disponibles ici: http://embassy.goabroad.com/embassies-of/cameroon

***Merci d’envoyer les appels immédiatement. Vérifier auprès de PEN International en cas d’expédition d’appels après le 24 mars 2012***

Pour plus de détails, veuillez contacter Cathal Sheerin au bureau de Londres du Comité des écrivains en prison : PEN International, Brownlow House, 50-51 High Holborn, Londres WC1V 6ER Tél. : +44 (0) 207 405 0338 Fax +44 (0) 207 405 0339 e-mail : cathal.sheerin@pen-international.org

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