Home Page > News Item > Jour de l’écrivain emprisonné: Azimjon Askarov

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Azimjon Askarov
Journaliste
Kirghizistan

16348Azimjon Askarov est journaliste et membre de la minorité ouzbèque du Kirghizistan ; il a passé sa vie à révéler la corruption. Il a été arrêté au cours du conflit interethnique qui a ravagé les régions du Sud d’Osh et de Jalalabad, en juin 2010. Inculpé le 15 Septembre 2010 d’incitation au désordre public et de complicité dans le meurtre d’un officier de police, il a été condamné à la prison à vie. Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale et autres observateurs indépendants ont déclaré qu’Azimjon Askarov n’avait pas eu droit à un procès équitable. À l’issue de l’enquête officielle ouverte par l’ombudsman pour les droits de l’Homme du gouvernement kirghize, ce dernier a lui-même conclu que le journaliste ne se trouvait même pas sur les lieux avant le meurtre de l’officier de police, et, partant, qu’il n’aurait pu en être complice. PEN pense que le journaliste a été condamné en représailles pour un rapport qui révélait au grand jour la corruption policière et estime qu’il doit être immédiatement et inconditionnellement libéré.

Azimjon Askarov, 61 ans, n’a pas toujours été journaliste. Doué de sens pratique et créatif, il a poursuivi des études artistiques à l’université et, les 15 premières années de sa vie professionnelle, a travaillé comme peintre et décorateur d’intérieur. Ce n’est qu’au milieu des années 1990 qu’il s’est tourné vers le journalisme, écrivant pour les sites d’actualité en ligne Golos Svobody (La Voix de la Liberté) et Ferghana News Agency. Il s’est rapidement rendu impopulaire auprès des autorités par ses révélations de corruption locale, ses enquêtes sur la participation policière à des activités criminelles qui ont vu la mise à pied de dix officiers de police.

Azimjon Askarov maintient qu’il n’a jamais pris part aux violences de 2010, passant le plus clair de son temps à les documenter, à en photographier les victimes (kirghizes comme ouzbèques), à prendre des notes détaillées et à se rendre à la morgue pour identifier des corps. Il a également exposé qu’il avait été témoin d’officiers de police kirghizes tirant sur des personnes d’origine ouzbèques.

Les ONG impliquées dans les questions de défense des droits de l’Homme estiment que les preuves contre le journaliste ont été en très grande partie fabriquées. Depuis son arrestation, ce dernier s’est plaint à de nombreuses reprises avoir été battu et menacé, y compris durant son procès, allégations corroborées par des témoins indépendants. L’examen réalisé en janvier par l’ONG internationale Médecins pour les droits de l’Homme (Physicians for Human Rights – PHR) a conclu que non seulement la santé d’Azimjon Askarov s’était détériorée, mais qu’il présentait des lésions cérébrales symptomatiques d’actes de torture. En novembre 2012, l’avocat du journaliste a déposé une plainte devant le conseil des droits de l’Homme des Nations Unies.

Se fondant sur ces preuves accablantes, indiquant qu’Azimjon Askarov’s a effectivement été torturé et n’a pas eu droit à un procès équitable, ceux qui le soutiennent n’ont eu de cesse de faire rouvrir l’enquête dans cette affaire. Le 30 avril 2014, son avocat a convaincu le tribunal du district d’Oktyabrsky de Bichkek de rouvrir l’enquête, décision qui a cependant été annulée le 12 juin 2014 par le tribunal de la Ville de Bichkek. Son avocat a alors fait appel de cette annulation devant la Cour suprême, qui, le 3 septembre 2014, a rejeté la demande de révision de l’affaire du journaliste.

Certains journalistes et défenseur des droits de l’Homme pensent que les autorités rechignent à rouvrir ce dossier au regard de ce qu’il contient trop d’éléments faisant état de l’implication d’officiers de police et de politiciens dans les violences de juin 2010. D’autres avancent que le président Atambayev craint que la libération du journaliste ouzbèque pourrait provoquer des réactions violentes parmi les Kirghizes du Sud du pays. Les ONG nationales et internationales courent le risque de se voir harcelées si elles font campagne en sa faveur.

Azimjon Askaro était l’une des « Chaises Vides » du congrès PEN International de cette année (septembre 2014) à Bichkek, auquel sa femme, Hadicha Askarova, a lancé un appel émouvant aux délégués PEN. Au cours du congrès, plusieurs délégations PEN ont soulevé ce dossier sensible dans le cadre d’entretiens en privé avec le président Atambayev et la procureure générale, Aida Salyanova.

En 2011, Azimjon Askarov s’est vu décerner le Prix Homo Homini, en reconnaissance de son engagement de tous les instants pour la défense des droits de l’Homme, pour la démocratie et des solutions pacifiques aux conflits politiques. En 2012, il a reçu le Prix international pour la liberté de la presse internationale du Comité pour la protection des journalistes.
Appels :
• Appeler à la libération immédiate du journaliste et défenseur des droits de l’Homme Azimjon Askarov, à ce que sa condamnation soit annulée et que ses allégations de torture fassent l’objet d’une enquête rigoureuse et impartiale ;
• Appeler à ce que toute personne jugée responsable de la violation des droits d’Azimjon Askarov soit traduite en justice et que le journaliste se voie garantir son droit à juste réparation de ces violations, en ce inclus son droit à compensation pour les actes de torture dont il a été victime.

Envoyez vos appels à :

Président du Kirghizistan
Son Excellence Almazbek Atambayev
Bureau de la présidence
Chuy Avenue 205
72003 Bichkek
République du Kirghizistan
psp@adm.gov.kg, oip@adm.gov.kg

Procureure générale
Aida Salyanova
Procureure générale du Kirghizistan
139 Toktonalieva Street
Bichkek, Kirghizistan
statement@prokuror.kg

PAR SOLIDARITÉ

Écrivez à Azimjon Askarov en prison. Ses amis et ses proches disent que les messages de soutien lui sont d’un grand réconfort et d’une grande inspiration.

Adresse de la prison :

(en français)
Azimjon Askarov
720755, Kyrgyz Republic, Bichkek city,
91 Malikova Street,
Penal colony #47

(en russe)
Азимжану Аскарову
720755, Кыргызская Республика, г. Бишкек,
ул. Маликова 91,
Исправительная колония № 47

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Nous encourageons vivement les membres de PEN à :

• Publier des articles et des avis dans la presse de leur pays, nationale comme locale, pour attirer l’attention sur le sort Azimjon Askarov ;
• Organiser des évènements grand public, des lectures, des conférences de presse, voire des manifestations ;
• Partager des informations sur Azimjon Askarov et votre action de campagne en sa faveur sur les réseaux sociaux.

Réseaux sociaux: Prier d’utiliser l’hashtag #ImprisonedWriter
Propositions de tweets:
• #Kyrgyzstan Libérer le journaliste Azimjon Askarov, emprisonner a vie après un procès inéquitable #ImprisonedWriter @pen_int
• La journée mondiale de l’écrivain emprisonné #ImprisonedWriter en action pour les écrivains qui luttent contre la répression de leur droits fondamentaux #FOE

N’oubliez pas de nous tenir au courant des activités et actions que vous menez, et de nous en envoyer le rapport le 15 décembre 2014 au plus tard de sorte que nous les fassions connaître aux autres centres.

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter Cathal Sheerin, Comité de défense des écrivains emprisonnés, PEN International, Brownlow House, 50-51 High Holborn, London WC1V 6ER – Royaume-Uni   Tél : +44 (0)20 74 05 03 38   Fax : +44 (0)20 74 05 03 39 Adresse courriel : cathal.sheerin@pen-international.org

 

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