Home Page > News Item > Hongrie : Mettre fin aux discours de haine et aux attaques contre les groupes défenseurs des droits

19 juillet 2017 – Les autorités hongroises doivent cesser d’encourager les opinions haineuses, a déclaré aujourd’hui PEN International, alors que les autorités continuent de réprimer les groupes indépendants de la société civile et les voix critiques.

Le dernier d’une série d’incidents a vu le philanthrope et écrivain hongrois George Soros devenir la cible d’une campagne anti-immigration dirigée par le gouvernement. Des affiches sont apparues dans les espaces publics du pays le mois dernier – sur les panneaux d’affichage, le métro et même les sols des trams de Budapest – représentant l’émigré juif riant, accompagné de ces mots : « ne laissons pas Soros avoir le dernier rire », se référant au fait qu’il veut obliger la Hongrie à permettre l’entrée aux migrants. Les derniers mois ont connu une escalade de la position anti-migratoire du pays, les autorités alimentant ouvertement la rhétorique anti-migrante et lançant une campagne de diffamation contre les positions des groupes de défense des droits.

Les panneaux d’affichage rappelaient la propagande nazie antisémite, qui se moquait des juifs et soulignait leurs tentatives supposées de détruire l’Allemagne. Plusieurs affiches de George Soros ont été défigurées avec des graffitis antisémites sur lesquels on pouvait lire « juif puant » et qui arboraient l’étoile de David. Bien que la Fédération des Fédérations juives hongroises ait exhorté les autorités hongroises à mettre fin à la campagne, en déclarant qu’elle encourageait l’antisémitisme, le gouvernement a nié que c’était le cas et laissé la campagne suivre son cours jusqu’au 15 juillet.

« Le Premier ministre Viktor Orbán affirme que le gouvernement a une tolérance absolue envers l’antisémitisme, mais cette dernière campagne contre George Soros a clairement alimenté des opinionss haineuses », a déclaré Jennifer Clement, présidente internationale de PEN. « Nous exhortons les autorités hongroises à enquêter, à poursuivre et à condamner tous les crimes racistes et à mettre fin à leurs attaques viles et honteuses contre les voix dissidentes ».

Ce n’est pas la première fois que George Soros se retrouve la cible des autorités hongroises. La loi nationale sur l’enseignement supérieur, adoptée en avril 2017, a été essentiellement conçue pour forcer la prestigieuse université d’Europe centrale (CEU) – que George Soros a financée – à devenir inopérante. PEN International et d’autres groupes de défense des droits de l’homme ont dénoncé le mouvement en tant qu’attaque au droit du CEU (Centre européen universitaire) à la liberté académique et à l’indépendance.

Les attaques de longue date des autorités hongroises contre la société civile ont abouti en juin 2017 à l’adoption d’une nouvelle loi sur les organisations non gouvernementales (ONG) qui oblige les ONG qui reçoivent plus de 7,2 millions de Florins hongrois (environ 24’000 euros) à s’’inscrire comme « organisation soutenue par l’étranger ». En étiquetant les ONG comme « financées par l’étranger », la nouvelle loi stigmatisera et délégitimera leur travail et finalement gèlera la liberté d’expression.

PEN International demande aux autorités hongroises de mettre fin à leur campagne contre des groupes indépendants de la société civile et de respecter leurs obligations internationales.

L’organisation appelle en outre les autorités hongroises à prendre toutes les mesures possibles pour lutter contre la xénophobie, le sentiment anti-réfugié et le racisme.

Pour plus de détails, contactez Aurélia Dondo à PEN International, Koops Mill, 162-164, rue Abbey, Londres, SE1 2AN, Royaume-Uni Téléphone : +44 (0) 20 7405 0338 Fax +44 (0) 20 7405 0339 e-mail : aurelia.dondo@pen-international.org

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