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annapwIl est temps de mettre un terme à l’impunité dont jouissent les auteurs de crimes contre des journalistes en Russie

À l’occasion de la Journée Internationale pour Mettre un Terme à l’Impunité pour les Crimes contre les Journalistes, PEN International en appelle à la Russie pour présenter à la justice les cerveaux derrière le meurtre d’Anna Politkovskaïa. 

Anna Politkovskaya était une éminente journaliste d’investigation et écrivaine russe s’étant illustrée par sa couverture du conflit tchétchène et qui critiquait oralement la politique du Président Vladimir Poutine en Tchétchénie. Ses travaux lui ont valu des menaces de mort ainsi qu’un harcèlement sévère de la part des autorités russes. En 2004 elle a été victime d’un empoisonnement lors d’un vol en route pour négocier la libération d’otages pris dans une école à Beslan, en Ossétie du Nord.

Le 7 octobre 2006, Anna Politkovskaïa a été assassinée dans son immeuble d’habitation situé dans le centre de Moscou. Cinq hommes furent finalement condamnés en mai 2014, au terme d’un laborieux nouveau procès pour leur implication dans l’assassinat de Politovskaïa, dont trois qui avaient été acquittés lors d’un précédent procès. En juin 2014, tous les cinq furent condamnés à de la prison ferme, dont la prison à vie pour deux d’entre eux.

Tout en saluant cette avancée positive, PEN International continue de craindre que les responsables du meurtre n’aient pas encore été traduits en justice. À l’occasion de la Journée Internationale Contre l’Impunité pour les Crimes contre les Journalistes, PEN International appelle le gouvernement russe à renouveler ses efforts pour identifier les commanditaires du meurtre de la journaliste et à les présenter à la justice.

Agissez :  

Envoyez des appels aux autorités russes leur demandant d’apporter la preuve de leur volonté de mettre un terme à l’impunité bénéficiant aux auteurs de crimes commis à l’encontre de journalistes et de soutenir la justice et la liberté d’expression en identifiant et en condamnant tous ceux ayant orchestré l’assassinat d’Anna Politkovskaïa.

Envoyez vos appels à:

Son Excellence Monsieur Vladimir Poutine
Président de la Fédération de Russie
23, rue Ilyinka,
Moscou, 103132, Russie

Vous pouvez envoyer votre appel en ligne en passant par le lien suivant : electronic form here.

Monsieur Alexandre Bastrykine
Directeur du Comité d’Enquête de la Fédération de Russie
Comité d’Enquête de la Fédération de Russie
105005, Russie, Moscou,
2, Allée Technitcheskiyi

Veuillez SVP prendre des copies de vos appels envoyés à l’Ambassade de Russie dans votre pays. Vous pouvez trouver la liste des ambassades en cliquant sur le lien suivant : here.

Nous vous invitons à nous faire parvenir des copies de vos lettres et toutes informations concernant d’autres activités ainsi que d’éventuelles réponses reçues.

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Les membres de PEN sont invités à publier des articles et des tribunes dans leur presse nationale ou locale soulignant le cas d’Anna Politkovskaïa et la situation de la liberté d’expression en Russie ainsi que l’impunité bénéficiant aux auteurs de crimes contre des journalistes.

Les Médias Sociaux  

Suggestions de tweets

  • #Russie : Présenter les cerveaux derrière le meurtre de Politovskaïa à la justice #JusticeforAnna @PutinRF_Eng

Le contexte  

Le 7 octobre 2006, Anna Politkovskaïa qui travaillait pour la Novaya Gazeta, était trouvée morte dans l’ascenseur de son appartement moscovite : elle avait reçu une balle dans la tête, ce qui signifiait clairement qu’il s’agissait d’un « contrat ». Le procès des trois hommes accusés du meurtre, les frères Rustam, Djabraïl et Ibraguim Makhmudov, a débuté le 17 novembre 2008 en même temps que celui d’un autre individu, un ancien des Services de Sécurité accusé d’abus de pouvoir et d’extorsion de fonds, mais tous les quatre furent acquittés pour manque de preuves le 19 février 2009, suite à un procès décrit à l’époque comme présentant de “graves lacunes”. Cette décision fut infirmée par la Cour Suprême de Russie qui ordonna une nouvelle arrestation des intéressés et un nouveau procès. En juillet 2012, l’ancien directeur de la surveillance à la Direction des Affaires Intérieures de Moscou, le lieutenant-colonel Dimitri  Pavlioutchenkov, a été accusé dans une autre affaire d’avoir préparé l’assassinat.

Pavlioutchenkov – qui a organisé et effectué la surveillance de Politkovskaïa, s’est assuré les services de trois frères tchétchènes et leur a fourni l’arme du crime  – a été condamné à 11 années de prison ferme lors d’une négociation de plaidoyer en décembre 2012. Il affirma que Lom Ali Gaitukaïev, un mafieux tchétchène condamné et accusé du meurtre de Politkovskaïa, lui aurait dit que l’oligarque russe Boris Berezovsky et le dirigeant séparatiste tchétchène Akhmed Zakaïev, tous deux en exil, étaient les responsables de l’assassinat, ce qu’ils ont démenti.

Les investigations officielles concernant leur implication seraient demeurées sans résultat, et les représentants juridiques des enfants Politkovskaïa font valoir que les affirmations de Berezovsky et de Zakaïev sont sans fondement. Dans une interview accordée au Comité de Protection des Journalistes, Sergueï Sokolov, le chef du service des enquêtes de la Novaya Gazeta a eu l’occasion de dire que « nous commençons à avoir le sentiment que les autorités judiciaires ne désirent pas aller au fond des choses car, semble t-il, le commanditaire serait un personnage important dans la hiérarchie du pouvoir en Russie ».

En 2014, au terme d’un long procès, cinq individus furent condamnés pour le meurtre de Politkovskaïa. Rustam Makhmudov, un Tchétchène reconnu coupable d’avoir tiré les coups de feu mortels et son oncle, Lom-Ali Gaitukaïev, reconnu coupable d’avoir organisé le guet-apens, furent emprisonnés à vie.

Les deux frères de Makhmudov, Djabrail et Ibraguim, prirent respectivement 14 et 12 années de pénitencier, tandis que l’ancien officier de police moscovite, Sergueï Khadzhikurbanov écopa d’une peine de 20 années de prison.

L’impunité demeure une préoccupation sérieuse en Russie, le Comité pour la Protection des Journalistes ayant recensé au moins 36 cas de meurtres de journalistes dans le pays depuis 1992, la majorité d’entre eux n’ayant pas été résolus (pour en savoir davantage, allez sur le lien suivant: at least 36). Parmi ceux-ci, il y a le cas du journaliste Akhmednabi Akhmednabiev, abattu en 2015 devant son domicile proche de la capitale du Daghestan, Makhatchkala. Et à ce jour, personne n’a encore été arrêté en relation avec ce meurtre.

En 2009, la journaliste et militante des droits de l’homme Natalia Estemirova, une collègue d’Anna Politkovskaïa, a été enlevée et assassinée à Grozny en Tchétchénie. Aujourd’hui, sept années plus tard, sa famille n’en sait pas davantage sur les personnes l’ayant tuée et a saisi la Cour Européenne des Droits de l’Homme au sujet des défaillances de l’enquête sur la mort de Natalia.

Pour obtenir davantage d’informations, veuillez prendre contact avec Sahar Halaimzai chez PEN International, Koops Mill Mews, 162-164 Abbey Street, London SE1 2AN |Tél : + 44 (0) 20 7405 0338 |Fax : +44 (0) 20 7405 0339 |Email : Sahar.halaimzai@pen-international.org

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