Home Page > News Item > Lancement du manifeste Dawit Isaak pour le 10ème anniversaire de son emprisonnement

Aujourd’hui, vendredi 23 septembre, dix ans exactement après l’emprisonnement du journaliste et écrivain Dawit Isaak, les prix Nobel Herta Muller et Mario Vargas Llosa, avec le président de PEN International, John Ralston Saul, le président de PEN Suède, Ola Larsmo et le secrétaire permanent de l’académie suédoise, Peter Englund, ont manifesté leur soutien à leur collègue Dawit Isaak et réclamé sa libération de prison en Erythrée. La manifestation a eu lieu lors du salon du livre de Goteborg.

Dawit Isaak Manifesto Press Release Photo

De gauche à droite: Jesper Bengtsson, RReporters sans Frontières (Suède) ; Peter Englund, l’Académie suédoise ; Herta Muller, prix Nobel de littérature en 2009 ; Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature en 2010 ; John Ralston Saul, président international de PEN International ; Ola Larsmo, président de PEN Suède

Aujourd’hui, vendredi 23 septembre, dix ans exactement après l’emprisonnement du journaliste et écrivain Dawit Isaak, les prix Nobel Herta Muller et Mario Vargas Llosa, avec le président de PEN International, John Ralston Saul, le président de PEN Suède, Ola Larsmo et le secrétaire permanent de l’académie suédoise, Peter Englund, ont manifesté leur soutien à leur collègue Dawit Isaak et réclamé sa libération de prison en Erythrée. La manifestation a eu lieu lors du salon du livre de Goteborg.

Nous commémorons aujourd’hui une triste date. Le 23 septembre 2001 Dawit Isaak a été emprisonné avec plusieurs de ses collègues du journal Setit. Le fait s’est produit alors que le gouvernement d’Erythrée sévissait à l’encontre de plusieurs journaux indépendants dans le pays. La situation d’Isaak s’est lentement mais régulièrement détériorée depuis lors. Il est depuis quelques années maintenant le prisonnier numéro 36 dans l’infâme camp de la mort Eira Eiro où de nombreux codétenus sont morts de mauvis traitements. On dit également que nombre d’entre eux se sont suicides. A notre connaissance, Dawit Isaak est toujours en vie – mais sa santé s’est graduellement affaiblie.

L’Erythrée est devenu l’un des pays les plus isolés au monde. La raison vient clairement des politiques du régime du président Afwerki, à l’encontre de sa propre population. L’Erythrée est riche en ressources naturelles et dispose d’un potentiel de prospérité. Mais le pays ferme ses frontières au monde extérieur et ceux qui souhaitent contribuer à son développement sont mis en prison par un gouvernement qui a exploité l’indépendance du pays à ses propres fins plutôt que pour le bien de ses citoyens. Il faut très peu pour que l’Erythrée reçoive l’aide de la communauté internationale afin de commencer à se développer. Tout ce qui est nécessaire est que le gouvernement libère ses prisonniers politiques. Toutefois, les décideurs actuels ont refusé d’en parler.

Le gouvernement suédois et son ministre des Affaires étrangères déploient depuis 10 ans leur effort diplomatique en faveur du citoyen suédois Dawit Isaak. Un dur labeur a été réalisé dans les tentatives d’obtention de la libération d’Isaak. Nous le savons. Mais nous disons également qu’il est aujourd’hui temps de rompre le silence. Nous attendons une politique beaucoup plus claire du gouvernement suédois et de l’Union européenne. Une politique étrangère active devrait maintenant remplacer la diplomatie tranquille. Dawit Isaak ne peut attendre encore 10 ans.

Comme minimum absolu, le gouvernement suédois et la direction de l’Union européenne doivent demander qu’une délégation de la Croix-Rouge internationale soit autorisée à visiter Eira Eiro et à donner à Isaak et ses collègues le traitement médical nécessaire à leur survie. Si l’Érythrée refuse, l’Union européenne doit examiner tous les moyens possibles pour imposer des sanctions non seulement à l’Érythrée, mais également aux entreprises et pays qui coopèrent toujours avec le régime.

Nous demandons de nouvelles méthodes et un engagement renouvelé de la part des autorités suédoises et européennes. Ceci pour le salut de Dawit Isaak et pour démontrer que notre plaidoyer en faveur de la défense de la liberté d’expression est plus qu’une décoration rhétorique sans substance politique. C’est également la crédibilité de l’Union européenne qui est en jeu ici – qui doit être évidente pour tous.

Jesper Bengtsson, Reporters sans Frontières (Suède)
Peter Englund, l’Académie suédoise
Herta Muller, prix Nobel de littérature en 2009
Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature en 2010
John Ralston Saul, président de PEN International
Ola Larsmo, président de PEN Suède

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