Home Page > News Item > Le rapport de PEN International à l’ONU met en garde contre les violences perpétrées contre les journalistes et les écrivains au Mexique au vu de la lenteur des réformes

Yolanda Ordaz de la Cruz

7 mars, 2013 – Trois ans après que le Mexique a accepté les recommandations des Nations unies pour lutter contre la violence à l’encontre des journalistes et éliminer l’impunité en cas de violations des droits de l’homme, « le rythme auquel les journalistes sont agressés et tués dans le pays continue de monter en flèche » a averti PEN International hier, dans un rapport que l’organisation a soumis au processus d’examen périodique universel (EPU) de l’ONU, disant des initiatives publiques pour enrayer la violence prises depuis l’examen de 2009 qu’elles sont « avant tout de pure forme ». Une délégation de PEN se rendra au Mexique la semaine prochaine pour faire pression en faveur de mesures concrètes concernant les douzaines de meurtres et disparitions non élucidés de journalistes et d’écrivains.

Dans un discours-programme à l’Association interaméricaine de la presse à Puebla, au Mexique, le 8 mars, le président de PEN International John Ralston Saul exprimera ses préoccupations concernant la liberté d’expression et mettra en exergue les mesures qui devraient être mises en œuvre pour protéger les journalistes, les écrivains et les défenseurs de la liberté d’expression dans le pays.

Depuis l’EPU de 2009, le gouvernement mexicain a introduit un certain nombre de mesures juridiques et institutionnelles visant à protéger les journalistes et le droit à la liberté d’expression, mais ces mécanismes se sont avérés en grande partie inefficaces et superficiels. Le rythme auquel les journalistes sont tués au Mexique continue de s’accélérer, alors que ceux qui commettent des infractions à l’encontre des journalistes demeurent impunis. Depuis le mois de décembre 2006, au moins 46 journalistes de presse écrite et sur Internet ont été assassinés dans le pays. Peu voire aucune enquête n’est effectuée dans le cadre de ces affaires qui débouchent sur un taux de condamnation des agresseurs inférieur à 10 pourcent.

Ce climat d’impunité est en grande partie imputable à la corruption et à l’inertie qui sont tellement endémiques à travers tout le Mexique. La police et les fonctionnaires des administrations locales sont souvent impliqués dans les agressions à l’encontre de journalistes, et les menaces proférées contre le droit à la liberté d’expression des journalistes proviennent souvent directement des autorités publiques mêmes.

En janvier 2012, le président de PEN International, John Ralston Saul, a mené une délégation d’écrivains au Mexique afin d’exprimer nos préoccupations au sujet de la violence constante faite aux écrivains et aux journalistes mexicains dans le cadre de réunions avec de hauts responsables du gouvernement. Le 27 janvier 2012, PEN International a publié une lettre dans le journal mexicain El Universal et le journal canadien Le Devoir pour faire montre de sa solidarité avec les écrivains et les journalistes du Mexique. Cette lettre a été signée par 170 écrivains de renom dont sept Prix Nobel.

Dans le cadre de ses efforts constants au Mexique, PEN International a lancé l’anthologie Écrire contre l’impunité en août 2012. Cette campagne a rassemblé les Centres PEN de toute l’Amérique latine dans une contestation littéraire de grande envergure impliquant plus de 40 écrivains ayant apporté leur contribution sous forme de poèmes et de prose pour rendre hommage à la mémoire de leurs collègues assassinés et protester contre l’impunité. Au mois d’octobre, PEN International était présent au Hay Festival Xalapa pour mettre en évidence l’escalade de la violence à l’encontre des écrivains dans la région.

Dans sa soumission EPU, PEN International lance un appel en faveur d’enquêtes transparentes et complètes à l’échelle fédérale sur les meurtres et disparitions d’écrivains et de journalistes, et pour que toutes les agressions qui sont présumées avoir été perpétrées par les entités publiques fassent l’objet d’une enquête approfondie et sur-le-champ. Entre autres choses, PEN appelle également au renforcement du nouveau mécanisme de protection du Mexique pour les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme.

Vous pouvez lire la version intégrale du Rapport EPU de PEN sur le Mexique accompagnée de la liste complète des recommandations ici.

Pour tout complément d’information, veuillez contacter Tamsin Mitchell : tamsin.mitchell@pen-interntional.org

Pour les contacts médias, veuillez contacter Sahar Halaimzai : sahar.halaimzai@pen-international.org

Pour tout complément d’information sur la campagne Écrire contre l’impunité, cliquez ici.

Pour tout complément d’information sur PEN Protesta! cliquez ici.

Pour tout complément d’information sur la participation de PEN International au Plan d’action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité cliquez ici.

PEN International célèbre la littérature et favorise la liberté d’expression. Fondée en 1921, notre communauté internationale d’écrivains compte aujourd’hui 144 Centres répartis dans plus de 100 pays. Nos programmes, campagnes, événements et publications visent à mettre en contact les écrivains et les lecteurs en faveur d’une solidarité et d’une coopération mondiales. PEN International est une organisation apolitique qui bénéficie d’un statut consultatif auprès des Nations unies et de l’UNESCO. www.pen-international.org

image_print