Home Page > News Item > L’éducation en langue maternelle sur le terrain

hollystrauss 2Journée internationale de la langue maternelle: une célébration du travail des Centres PEN 

Centre PEN des Philippines

The Healing PEN II : ateliers et ressources pédagogiques

Le centre PEN des Philippines entend capitaliser sur le travail qu’il a entrepris précédemment dan le cadre du programme The Healing PEN II [la plume guérisseuse II], dans le but de répondre aux inquiétudes actuelles concernant l’enseignement en langue maternelle et la littérature produite en langue maternelle aux Philippines. Le centre PEN des Philippines organisera une série d’ateliers de deux jours sur la question de l’enseignement de la littérature philippine en 2016  et 2017, à l’intention des enseignants du secondaire et de l’enseignement supérieur des régions du Luçon, des Visayas et du Mindanao.

Le centre projette en outre de redévelopper son site – www.philippinepen.ph – pour offrir une plateforme plus accessible et prendre en charge un plus grand nombre de données et de contenus, et de proposer notamment une section de matériels pédagogiques destinés plus particulièrement aux enseignants de littérature philippin.

Les activités menées par le centre PEN des Philippines font partie d’une nouvelle initiative de programmes internationaux soutenue conjointement par PEN International  et la Fondation Clifford Chance. Cette initiative a vocation à soutenir les développement et renforcement des capacités de la société civile dans plusieurs pays dont la Zambie, la Sierra Leone, le Cambodge, le Ghana, la Guinée, le Malawi  et le Liban.

 Centre PEN afrikaans

 Le Triple Sept : un projet pilote d’écriture dans les zones rurales de la région Nord du Cap

Dans la région Nord du Cap, l’une des provinces les plus pauvres d’Afrique du Sud, une longue tradition orale fait que les récits et savoir transmis ne sont que très rarement retranscrit. Considérant que le nombre de personnes qui choisissent de parler l’afrikaans ne cesse de diminuer, ce patrimoine riche pourrait venir, à moins d’une intervention volontaire, à disparaître. Par ailleurs, les écrits ne rendent pas compte de la formidable expérience de la communauté afrikaans noire de cette province, en partie au regard de ce que les communautés, et plus particulièrement les communautés rurales profondes, sont souvent (partiellement) analphabètes ou seulement fonctionnellement alphabétisées. La division entre communautés noires et blanches est également plus prononcée ici que dans d’autres régions du pays.

Le centre PEN Afrikaans a relevé qu’un nombre disproportionnellement faible d’écrivains noirs était publié en afrikaans. Selon le dernier recensement national, 60 % des personnes qui parlent l’afrikaans sont noires, mais seul 1% des écrivains publiés l’est : les auteurs et les œuvres publiés sont bien loin de rendre compte de la diversité et de la richesse d’expérience de ces 60 %. Il a été avancé que ce serait l’une des nombreuses conséquences indirectes, et non résolues, de l’Apartheid.

Par le biais de ce projet, le centre PEN afrikaans vise non seulement à préserver le riche patrimoine de cette région, mais encore à changer la perception en Afrique du Sud que l’afrikaans est la langue des oppresseurs.  Ce programme débutera par une série d’ateliers d‘écriture, dirigés par les membres de PEN des différentes villes de la région Nord du Cap,  dans le but d’encourager et de mettre en capacité « ceux qui racontent », l’idée étant à terme de produire une anthologie, et de soutenir certains raconteurs choisis. Ces ambassadeurs – raconteurs seront formés comme formateurs d’écriture créative en afrikaans,  et contribueront à changer la perception que l’afrikaans est uniquement une langue d’oppresseurs – pour démontrer que parler l’afrikaans peut aussi être vecteur de pouvoir.

 Centre PEN du Malawi

Promouvoir la lecture et l’écriture dans les langues officielles et les langues maternelles

Réunion de travail du comité de traduction en décembre 2015. De gauche à droite : Rhoda ZULU, Alfred MSADALA, Temwani MGUNDA, Cecilia HASHA et Egidio MPANGA

Réunion de travail du comité de traduction en décembre 2015.
De gauche à droite : Rhoda ZULU, Alfred MSADALA, Temwani MGUNDA, Cecilia HASHA et Egidio MPANGA

Face à un gouvernement peu enclin à prendre la défense et promouvoir les langues autochtones au Malawi – véritable obstacle à l’accès des populations à l’éducation et à l’information – le centre PEN du Malawi travaille en étroite collaboration avec divers membres de PEN, enseignants, experts linguistiques, écrivains et journalistes à développer l’une des principales langues autochtones du pays, le chichewa, qui est également, et de fait, la langue nationale. Plus de 60 % des habitants du Malawi maîtrisent cette langue, même si la majorité de l’information dans le pays est en anglais.

Le centre PEN du Malawi s’attache à traduire des matériels clés portant sur les grandes questions du genre, de l’environnement, de la gouvernance, de l’entrepreneuriat, du changement climatique et de la santé, destinés aux écoles et communautés de la région visée par ce projet. Le double objectif est d’encourager une plus grande participation communautaire au débat public et de montrer l’exemple au reste du pays.

 

Centre PEN d’Afrique du Sud

Jusqu’à aujourd’hui, et malgré sa très grande diversité linguistique, l’Afrique du Sud a très peu investi dans les langues et la littérature africaines, probablement en raison de son héritage colonial, et de l’Apartheid. Bien que la constitution sud-africaine garantisse à tous un enseignement bilingue – langue maternelle + anglais –, le manque criant de livres pour enfants de qualité édités dans des langues autres que l’anglais en Afrique du Sud, vient aggraver les insuffisances du système et explique le nombre formidable de résultats médiocres.

Le projet lancé par le centre PEN d’Afrique du Sud a été confié à PRAESA, qui produit des contenus multilingues et soutient, dans le cadre de la campagne Nal’ibali – Lire pour le plaisir, le développement de la lecture et de l’écriture. Ce projet de traduction encourage et aide les enfants à lire des livres de qualité dans leur langue maternelle. La campagne Nal’ibali promeut la lecture intergénérationnelle et encourage les adultes à organiser des clubs de lecture dans la communauté, dans les écoles et les bibliothèques des six provinces d’Afrique du Sud.

À ce jour, deux lots de matériels ont été produits : le premier est une série de cartes qui, chacune, racontent une histoire, et qui ont été traduites, imprimées et distribuées dans les clubs de lecture ; le deuxième est la traduction en xhosa et zoulou de George’s Secret Key to the Universe [La clef de l’Univers secrète de Georges], de Lucy Hawking  et Stephen Hawking, ouvrage qui devrait sortir des presses en 2016. Plusieurs membres du centre PEN d’Afrique du Sud ont prévu des lectures publiques d’extraits du livre à des enfants, lectures qui seront enregistrées et partagées dans le but de soutenir et d’encourager la lecture de récits liés à la science, en langues africaines comme en anglais.

Dans le cadre de ce projet, le centre PEN d’Afrique du Sud travaillera en collaboration avec la maison d’édition Jacana Media, ce qui sera l’occasion pour le centre de contribuer et soutenir la filière de l’édition sud-africaine dans son entreprise de développement des livres pour enfants en langues africaines, marché en émergence.

Par ses interventions de traduction, de production et d’utilisation, le centre PEN sud-africain contribue à l’expansion du secteur de l’édition et son engagement pour les livres pour enfants en langues africaines, d’une part, et d’autre part permet aux enfant de lire des ouvrages qui nourrissent leur imagination, leur créativité et leur esprit critique, fait se rencontrer le monde de la littérature pour enfants et celui de la littérature pour adultes, axe le débat sur la question des livres que les enfants devraient lire, et enfin incite à réfléchir sur la raison d’être de la traduction.

 Centre PEN de Zambie

PEN Zambia.lowres Promouvoir l’écriture et la parole en langes autochtones chez les jeunes Zambiens

En 2012, le gouvernement zambien a réintroduit les langues autochtones dans le programme scolaire des classes maternelles au primaire, ayant reconnu, après trente ans d’enseignement en anglais dans les petites classes, que les enfants apprenaient plus rapidement et plus efficacement dans leur langue maternelle.

Le centre PEN de Zambie reconnaît néanmoins qu’il reste encore de nombreux obstacles à surmonter en matière d’usage des langues autochtones zambiennes à l’école, ne serait-ce que du fait que la plupart des enseignants ne maîtrisent pas complètement ces langues. Aussi, le centre PEN de Zambie entend travailler à la promotion et à l’appréciation des langues autochtones en mettant en place un programme d’écriture créative dans les clubs scolaires PEN et en organisant des ateliers à l’intention des élèves âgés de 12 à 21 ans.

Le centre PEN de Zambie formera par ailleurs les enseignants à des méthodes pédagogiques contemporaines en langues autochtones dans le cadre d’ateliers et de projets d’écriture, de lecture et d’expression orale destinés aux jeunes. Il produira des matériels pédagogiques visuels et enregistrés en langues autochtones, et traduira des matériels existants, locaux comme internationaux, dans les diverses langues du pays.

Grâce à ces ateliers et activités, le centre vise à créer un forum d’échanges national sur la question des langues autochtones, et exposer les jeunes Zambiens à des matériels écrits et oraux divers qui leur permettent d’apprécier la valeur des langues autochtones zambiennes et de s’exprimer, à l’oral comme à l’écrit, dans leur propre langue.

Centre PEN du pays de Galles / Cymru

Les droits linguistiques en Turquie orientale

Depuis toujours, les trois dialectes kurdes – le kermanji, le soranî et le zazaki – parlés en Turquie ont fait l’objet de l’ire de l’état. En dépit de l’accord e Lausanne de 1923, qui prévoyait que les « non-Turcs » de Turquie auraient le droit de parler leur lange, l’état a persisté à bafouer ses engagements et interdit l’enseignement du kurde à l’école et son usage dans les lieux publics.

Malgré les progrès timides observés depuis 1990, il est depuis peu possible de prendre en option le kurde à l’école.  Des auteurs renommés tells que Mehmed UZUN ont été traduits en allemande et en anglais, et l’on assiste aujourd’hui à une renaissance de la littérature et de la poésie kurdes. Les dialectes kurdes ont besoin du soutien de la communauté linguistique internationale pour pouvoir s’épanouir.

Le centre PEN du pays de Galles / Cymru a mis en place avec les centre PEN kurde et turc un partenariat destiné à soutenir les droits linguistiques kurdes, qui s’appuie sur un projet d’écriture créative et de traduction au sein d’établissements scolaires en Turquie orientale.  Ce projet s’articulera autour d’une série d’ateliers d’écriture créative et de traduction portant sur les légendes populaires, à l’appui d’un format d’ores et déjà utilisé dans les écoles du pays de Galles. Le centre gallois vise à mettre en lumière les droits linguistiques du peuple kurde par des travaux de traduction et le partage de récits traditionnels, et se servira au récit oral pour rendre compte de l’importance, entre autres droits, du droit à s’exprimer librement.

À l’appui d’interventions dans plusieurs continents, le centre PEN du pays de Galles / Cymru entend étendre ce projet à des échanges annuels entre établissements scolaires portant sur l’écriture créative et la traduction, et plus précisément en mettant en contact deux établissements d’enseignement secondaires gallois et deux établissements d’enseignement secondaire anglais au pays de Galles avec quatre établissements d’enseignement secondaire en Turquie orientale qui enseignent le kurde.  De cette manière, nous ferons en sorte de donner une plus grande visibilité à la fois à la langue galloise et à la langue kurde, et de faciliter le partage des légendes et récits populaires de ces deux pays.

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