Home Page > News Item > Plus de 1000 écrivains se joignent à l’appel de PEN pour une plus grande protection des réfugiés en Europe

eu1PEN International se joint à PEN Angleterre, PEN Allemagne et leurs collègues à travers l’Europe pour demander une plus grande protection des réfugiés.

Plus de 1000 écrivains à travers l’Europe, dont les lauréats du prix Nobel Günter Grass et Elfriede Jelinek, se sont associés à l’appel de PEN à destination des nations européennes pour offrir une plus grande protection aux réfugiés. Le 14 avril, une délégation comprenant PEN International, PEN Angleterre et PEN Allemagne, rencontrera, à Bruxelles, le président du Parlement Européen, Martin Schultz, afin d’officiellement faire part de cet appel, de partager nos inquiétudes concernant le sort des réfugiés en Europe et d’étudier les moyens d’agir sur ces questions. Pour en savoir plus, cliquer ici »

 

Protection des réfugiés en Europe

Guerres, persécutions politiques, famine, misère contraignent un grand nombre de opulations à quitter leur pays d’origine. Une petite partie d’entre elles cherche son salut en Europe. Le naufrage au large des côtes de Lampedusa qui a coûté la vie à plus de 300 réfugiés en octobre 2013 aurait dû lancer un cri d’alarme concernant la politique européenne d’accueil des réfugiés. Pourtant, ceux qui recherchent protection aux frontières de l’Union européenne sont toujours traités comme des ennemis à repousser.

Les réfugiés qui réussissent à gagner l’Europe s’exposent souvent à de nombreuses mesures répressives. Ils ne peuvent pas choisir librement leur lieu de résidence. S’ils essayent, malgré tout, de se rendre dans le pays de leur choix, ils risquent de se faire expulser, incarcérer ou d’être victimes de l’arbitraire policier. Le règlement de Dublin autorise le transfert de réfugiés à travers l’Europe comme s’il s’agissait de marchandises. Ils terminent leur voyage dans des pays submergés par l’immigration où les demandeurs d’asile, même mineurs, sont systématiquement enfermés,. Nous ne pouvons plus accepter la politique de la porte fermée, le manque de solidarité et la répartition inéquitable des coûts générés par la prise en charge des réfugiés.

Nous lançons un appel aux Etats européens et les exhortons à mettre en place un droit d’asile communautaire, compatible avec la dignité humaine, qui ne serait pas l’expression des égoïsmes nationaux mais de la solidarité et de la responsabilité. Le devoir de protection envers les personnes persécutées doit être rempli sans réserve.

• L’Europe doit venir en aide aux personnes en détresse et leur offrir des possibilités légales de quitter leur pays. Les individus confrontés à une menace imminente doivent pouvoir faire une demande de visa humanitaire auprès des ambassades des Etats européens dans leur pays d’origine. Cela s’applique en particulier aux personnes vivant dans des zones de conflit. Les réfugiés ne doivent plus avoir à risquer leur vie pour venir en Europe ni être criminalisés lorsqu’ils font une demande d’asile en Europe.

• Les demandeurs d’asile doivent bénéficier des mêmes normes minimales de traitement humain et du même accès à une procédure équitable de demande d’asile dans tous les Etats membres de l’Union européenne. Les réfugiés doivent avoir le droit de vivre là où ils ont des points d’attache et non pas là où ils ont touché le sol pour la première fois.

• Pour que les réfugiés soient traités de façon identique dans tous les pays européens, les coûts doivent être équitablement répartis. Un fonds européen pour les réfugiés, financé par tous les pays membres de l’Union européenne, sur la base de leurs capacités économiques respectives, aura pour objectif de ne pas subordonner le traitement des réfugiés au climat économique et politique du moment, mais de permettre la mise en œuvre d’un droit d’asile européen contraignant. L’Union européenne doit être considérée comme un espace de protection commun des réfugiés.

• Les installations de protection des frontières doivent être des mesures de sécurité et non mettre en danger la vie d’autrui. La mort d’innombrables réfugiés ne doit pas être légitimée par la nécessité de protéger nos frontières, nous ne devons pas l’accepter sans réaction. Sauver les vies humaines doit être la priorité absolue. Nous, écrivains européens, attendons des État membres et des institutions européennes qu’ils s’acquittent de leurs obligations humanitaires et qu’ils considèrent que leur mission commune prioritaire est de protéger la vie humaine et d’offrir aux populations des perspectives d’avenir.

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