Home Page > News Item > Ukraine : Levez l’extradition d’un journaliste dissident vers l’Ouzbékistan

Narzullo-Akhunjonov5 octobre 2017                                                                      

RAN 17/17

PEN International est préoccupé par l’arrestation, à l’aéroport de Kiev, puis la détention du journaliste Narzullo Akhunjonov, le 20 septembre dernier, sur la base d’un Notice Rouge d’Interpol demandé à l’endroit d’Akhunjonov par l’Ouzbékistan, son pays d’origine.

Akhunjonov risque maintenant l’extradition vers l’Ouzbékistan, où il a été persécuté par le passé pour ses reportages critiques. L’accès à un médecin lui a de plus été refusé pendant sa détention en Ukraine et pendant qu’il attend une décision au sujet de la demande d’extradition. Akhunjonov a un problème de vision et ce refus de lui fournir une attention médicale risque de causer des dommages permanents à sa vue.

Agissez — partagez sur Twitter, Facebook et les autres médias sociaux

Appelez les autorités ukrainiennes à :

        Rejeter promptement les demandes d’extradition vers l’Ouzbékistan pesant sur Akhunjonov ;

        Demander la libération immédiate et inconditionnelle d’Akhunjonov ; et,

        Demander qu’Akhunjonov ait accès dans les plus brefs délais aux traitements médicaux adéquats pendant qu’il demeure en détention en Ukraine.

S’il vous plaît, envoyez vos appels immédiatement et vérifiez auprès de PEN International si vous les envoyez après le 9 octobre 2017. Veuillez nous informer de toute action que vous prendrez et des réponses que vous recevrez.

 

Écrivez à :

Procureur général Yuriy Lutsenko
Bureau du Procureur général
13/15 Riznytska St.
Kyiv, 01011
Ukraine
Fax : +38 044 280 26 03
Courriel : zvern@gp.gov.ua

 

Contexte

Narzullo Akhunjonov est un journaliste dissident et un poète également reconnu pour ses reportages critiques sur un large éventail de problèmes sociaux, de la politique et du jihadisme à la culture télévisuelle ouzbek.

Akhunjonov a commencé sa carrière en journalisme en 1995. Il a travaillé pour différents médias incluant la télévision et la radio nationales d’Ouzbékistan, en plus de contribuer à la BBC en Ouzbékistan, à Voice of America et à Radio Liberty/Free Europe en Ouzbékistan. De plus, sa poésie a été publiée dans les recueils suivants :  Leaf of the Heart, en 1998, Sky in my Heart, en 2007, et Dear Melodies, en 2013, tous en ouzbek. 

La persécution d’Akhunjonov par les autorités ouzbeks remonte à 1998, lorsqu’il a questionné le président de l’époque, Islam Karimov, à propos de la détention de collègues journalistes sur des accusations inventées de fraude. Akhunjonov a par la suite été banni des conférences de presse présidentielles. En 1999, il a été brièvement détenu puis accusé de corruption, une accusation frivole visant à le dissuader, sans succès, de poursuivre ses reportages critiques. 

La demande d’extradition actuelle de la part des autorités ouzbeks est liée à des allégations de fraude datant de 2009. Akhunjonov maintient que les accusations portées contre lui sont fausses. Les accusations de fraude, dont on peut croire qu’elles sont issues de motivations politiques, s’inscrivent dans un schéma de plus en plus visible visant à faire taire les voix dissidentes en Ouzbékistan. PEN International considère qu’il est fort probable que les accusations portées contre Akhunjonov soient, dans les faits, issues de motivations politiques, puisqu’il est ciblé par les mêmes autorités qu’il critique dans ses reportages.

Akhunjonov a quitté l’Ouzbékistan pour la Turquie en novembre 2013 avec sa famille après avoir reçu des menaces, et craignant alors d’être immédiatement emprisonné. Après que la situation en Turquie fut devenue trop dangereuse pour lui, victime de filature et de menaces anonymes au téléphone, il a fui vers l’Ukraine afin de demander l’asile politique pour lui, sa femme et leurs cinq enfants.

En ce qui concerne le Notice Rouge d’Interpol, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a noté, en avril 2017, qu’« il y avait abus d’Interpol et de son système des Notices Rouges par certains États membres… dans le but d’étouffer le droit à la liberté d’expression ou de persécuter les membres de l’opposition politique au-delà de leurs frontières », et a appelé tous les membres du Conseil de l’Europe à « s’abstenir d’effectuer des arrestations… lorsqu’une inquiétude sérieuse est soulevée relativement à un avis pouvant être considéré comme abusif ».

 

image_print